Elvis Presley Elvis Presley (1956)
Label 1 RCA
Production 1 Non créditée
Direction artistique 1 William V. Robertson Pays 1 États-Unis
Durée 128:42
Aux oreilles d'un amateur du XXI' siècle, depuis longtemps habitué à entendre du rock, le premier 33 tours d'Elvis est d'une inégalité frustrante.
C'est un recueil assemblé à partir de plusieurs séances d'enregistrement: sept morceaux datent du début de l'année 1956,juste avant la sortie de l'album le 13 mars, mais cinq autres proviennent du Sun Records de Sam Philips, et ont été enregistrés entre 1954 et 1955, avant que RCA ne rachète son contrat. le chant maniéré de la prise de /'1/ never let you go (Little Darlin1, qui provient de Sun, frise l'auto parodie ; l'ironie, c'est qu'Elvis n'a pas encore une image dont se moquer. Une autre curiosité: même si chaque réédition sur CD comprend Heartbreak Hotel Ie morceau qui a propulsé sur la scène internationale ce jeune homme de 21 ans jusqu'alors connu seulement à Memphis, celui-ci n'est pas sur l'album d'origine.
Et pourtant, la magie est là;à n'en pas douter, certaines révolutions sont nées de moins que ça. I'm counting on you, gospel chanté par un Blanc, et le grondement agité qui parcourt gota woman de Ray Charles frappent fort dès le début. Vers la fin de l'album se trouve une version indéniablement solitaire de Blue Moon. Mais c'est Trying to get to you qui en est la plage clé. Ici, Elvis se situe à michemin entre le p'tit gars de la campagne et le chanteur réaliste. C'est un enregistrement historique.
C'est aussi le cas de la couverture. On pense qu'elle a été photographiée par William V. « Red» Robertson le 31 juillet 1955, au cours d'un concert à Tampa en Floride, et c'est l'une des photos les plus emblématiques d'Elvis. C'était d'ailleurs l'avis des Clash, qui s'en sont inspirés pour la pochette de London Calling, en 1979.
« Comparé à ce que l'on fait maintenant, je faisais
de la musique douce »
E!vis Presley, 1972
