Bon là j’en suis sur mes amis nous avons vraiment touché le fond, mais à un point que je ne pouvais imaginer !!!!! L’humanité est complètement tombée sur la tête, mais c’est pas vrai, je rêve ou plutôt non c’est un cauchemar.
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C'est con de vous donnez le temps qu'il fait excusez moi !
Il suffit de regarder dehors non ?
Et puis la date c'est pareil elle n'y est plus le calendrier des PTT il est très bien
Bon là j’en suis sur mes amis nous avons vraiment touché le fond, mais à un point que je ne pouvais imaginer !!!!! L’humanité est complètement tombée sur la tête, mais c’est pas vrai, je rêve ou plutôt non c’est un cauchemar.
Action du Réseau Action Climat France : Kyoto 2005, Ratifiez ET Agissez !
Le Réseau Action Climat-France et ses 14 associations membres organisent, à l'occasion de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, une action festive
et visuelle.
Elle aura lieu le mardi 15 février 2005 à 10h30, devant la statue de la
Liberté à Paris (sous le pont de Grenelle, 16e arrondissement).
Un ballon sera monté à hauteur de la tête de la statue (20 mètres de haut),
avec un message : "Kyoto 2005, Ratifiez ET Agissez !", qui s'adresse à tous
: aux Etats-Unis d'abord, et aux pays n'ayant pas ratifié Kyoto, aux élus et
aux citoyens qui doivent agir.
Venez nombreux !
Le Monde - 31 mars 2005 : L'épuisement de la nature menace le progrès
Politiques, réveillez-vous ! Tel est, en termes beaucoup plus
diplomatiques, le message délivré par plus de 1 300 scientifiques réunis par
l'ONU à propos de l'état des écosystèmes de la planète. Dans le rapport sur
"L'évaluation des écosystèmes pour le Millénaire", publié mercredi 30 mars à
Tokyo, Pékin, New Delhi, Le Caire, Nairobi, Paris, Washington et Brasilia,
ils dressent un bilan très pessimiste de l'impact des activités humaines sur
l'environnement naturel. Surtout, le groupe de scientifiques, animé par
l'université des Nations unies (basée à Tokyo) et la Banque mondiale,
souligne que, si cette dégradation continue, le bien-être humain ne pourra
plus progresser, et que les objectifs du Millénaire, fixés en 2000 et visant
à réduire la faim, la pauvreté, la maladie d'ici à 2015, ne pourront être
tenus. L'événement intervient alors que Tony Blair a fixé comme priorités du
G8 qui aura lieu en juillet en Grande-Bretagne le changement climatique et
le sous-développement de l'Afrique, et qu'en septembre les Etats de l'ONU
ont rendez-vous pour mesurer le degré d'avancement des objectifs du
Millénaire.
Pas de traduction économique, pas de prise en compte
politique : le rapport souligne que "les comptabilités nationales
traditionnelles ne mesurent pas la diminution ni la dégradation des
ressources naturelles", alors même que celles-ci "représentent la perte d'un
patrimoine capital essentiel". Dans plusieurs cas précisément étudiés, tels
ceux en 2001 de l'Equateur, du Venezuela ou du Kazakhstan, les experts
relèvent ainsi que des situations de croissance du produit intérieur brut
dissimulent en fait "une perte en épargne nette" si la baisse des ressources
naturelles est intégrée au calcul. Faute d'instruments traduisant en termes
économiques les dégâts aux écosystèmes, les responsables politiques ne sont
pas incités à prendre des mesures préservant l'environnement. "Le problème,
précise Thomas Rosswall, directeur du Conseil international pour la science,
c'est que les méthodologies d'évaluation économique des services naturels
restent très imparfaites."
Située la plus à l'est, la capitale japonaise a eu la primeur de
cet état de la situation environnementale planétaire, des scénarios et des
réponses à sa dégradation. "C'est l'étude la plus complète réalisée à ce
jour de l'état de notre planète", a déclaré A.H. Zakri, directeur de
l'Institute of Advanced Studies de l'université de l'ONU et coprésident du
comité directeur du projet lancé en juin 2001 par le secrétaire général des
Nations unies, Kofi Annan, et auquel ont collaboré 1 360 spécialistes de 95
pays.
"Au coeur de cette étude, il y a une mise en garde : l'activité
humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles de la planète
que la capacité des écosystèmes à répondre aux demandes des générations
futures ne peut plus être considérée comme acquise", souligne le comité
directeur. "On s'émeut de l'épuisement des ressources énergétiques, mais on
néglige la destruction des écosystèmes", complète Hans Van Ginkel,
secrétaire général adjoint des Nations unies.
On appelle "écosystème" un ensemble d'organismes (plantes,
animaux, micro-organismes) agissant en interaction les hommes, précise les
scientifiques, étant "partie intégrante des écosystèmes". La forêt
tropicale, les océans, la savane sont des exemples d'écosystèmes, l'ensemble
de ceux-ci composant la biosphère, qui est la partie vivante de la planète.
L'originalité de l'étude est qu'elle ne s'intéresse pas à l'environnement en
tant que tel, mais s'organise autour du concept de "services rendus par
l'écosystème" tels que la nourriture, l'eau, le traitement des maladies, la
régulation du climat. Or, indique le rapport, "environ 60 % des écosystèmes
permettant la vie sur Terre ont été dégradés". Une dégradation qui "a été
plus accentuée au cours des cinquante dernières années que dans toute
l'histoire de l'humanité et -qui- ne pourra que s'aggraver au cours des
cinquante prochaines".
Cela est dû à une transformation formidable de l'environnement :
plus de terres ont, par exemple, été converties pour l'agriculture depuis
1945 qu'aux XVIIIe et XIXe siècles réunis, tandis que 60 % de
l'accroissement de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère
depuis 1750 s'est produit depuis 1959.
Le bilan n'est certes pas totalement négatif. Les scientifiques
soulignent nettement que ces changements "ont contribué à des gains nets
substantiels sur le niveau du bien-être de l'homme et le développement
économique". Ils se sont notamment traduits par une augmentation de la
production agricole supérieure à celle de la population humaine, et par une
multiplication de l'économie mondiale par un facteur six.
LES PRIORITÉS ET LES RÉPONSES
De même, la proportion de personnes souffrant de malnutrition a
été réduite et la santé humaine a été améliorée. Le problème majeur est que,
si la dégradation des écosystèmes se poursuit, elle empêchera la réalisation
des objectifs du Millénaire, alors même que les peuples les plus pauvres
sont les premières victimes de ces destructions. La destruction de 35 % des
mangroves a, par exemple, accentué l'impact des tsunamis, qu'elles
contribuaient à amortir. Plus généralement, la dégradation des écosystèmes
entraîne un accroissement des inégalités entre les peuples et constitue une
cause majeure de la pauvreté, du fait que "les pauvres des zones rurales ont
tendance à être plus directement dépendants des services d'origine
écosystémique".
Un aspect très préoccupant souligné par les scientifiques est la
probabilité accrue de "changements non linéaires" : ce terme signifie que, à
partir d'un certain seuil de dégradation, un changement brutal se produit
dans l'écosystème, qui ne devient plus seulement affaibli ou appauvri mais
incapable de fonctionner. Un bon exemple en est celui des pêcheries
mondiales, dans lesquelles plusieurs stocks de poissons ne sont plus
exploitables, même modérément.
Cette probabilité est accentuée par l'impact très fort du
réchauffement de la Terre sur l'environnement (il pourrait ainsi transformer
en quelques décennies la région amazonienne en savane), qui rendra difficile
ou impossible le rétablissement des équilibres rompus.
L'étude se veut un instrument pour identifier les priorités et
les réponses à apporter. Elle s'inscrit dans une démarche comparable à celle
du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), dont le
premier rapport en 1990 avait conduit à la Convention sur le climat et au
protocole de Kyoto. "Nous n'avons pas voulu faire de prescriptions, dit M.
Hans Van Ginkel. Il faut une volonté politique pour répondre à ce défi et
chaque gouvernement doit être conscient de l'urgence mais il n'agira,
individuellement ou collectivement, que sous la pression de l'opinion." Il
reste à convaincre celle-ci que la gravité de la crise des écosystèmes n'est
pas moindre que celle du climat.
Hervé Kempf et Philippe Pons à Tokyo
Amiante, vingt-cinq ans d'intox
C'est un saut dans le passé d'une trentaine d'années, soit à peu près la période de latence d'un cancer lié à l'amiante. En 1971 se réunissent à Londres les industriels américains et européens qui développent les centaines d'applications de cette fibre ignifuge, alors utilisée des grille-pain aux freins des voitures. Mais cette merveille qu'ils ont tout bonnement baptisée le"minéral magique" connaît de plus en plus de détracteurs en ce début de décennie. Des études scientifiques pointent sa nocivité. Outre-Atlantique se préparent les premiers procès intentés par des employés qui meurent de l'amiante dans une affreuse agonie, entre morphine et masque à oxygène."Les pressions vont s'accroître à plus ou moins long terme, redoute l'organisateur de la conférence. Préparez votre défense." La mise en garde sera parfaitement assimilée par les représentants français.
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Débute "une magistrale opération de lobbying", selon l'expression de François Desriaux, président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Elle permettra de retarder, jusqu'à 1996, l'interdiction d'une fibre qui provoque aujourd'hui entre 2 500 et 3 000 décès par an. Incrédules, les sénateurs qui travaillent à huis clos sur le sujet au sein d'une mission d'information sont taraudés par la même question : pourquoi a-t-on attendu si longtemps ? "On savait et on a continué", résume Gérard Dériot (ratt. UMP, Allier), rapporteur de la mission. "Dès 1965, on connaît tout scientifiquement sur les risques de l'amiante", confirme le professeur Claude Got, auteur d'un rapport en 1998. Ce qui n'a pas empêché de l'importer massivement pendant trente ans encore, pour un total équivalent à 80 kg par habitant.
Pourtant, en ces années 1970, on ne donne pas cher de l'avenir de l'amiante en France. Depuis le début du siècle, les ouvriers qui manipulent ce produit s'étiolent dans une relative indifférence. Leurs poumons s'encombrent à en mourir de ces paillettes blanches comme ceux des mineurs s'encrassent du charbon. Mais, en 1975, dans la toute nouvelle université de Jussieu, haut lieu de la pensée scientifique en plein cur de Paris, l'apparition d'affections graves liées au flocage décuple soudain l'attention du grand public.
En décembre 1976, une conférence du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) débouche sur le classement de l'amiante comme cancérogène avéré pour l'homme. Le professeur Jean Bignon, pneumologue respecté, se montre particulièrement vindicatif. Il écrit le 5 avril 1977 une longue lettre au premier ministre de l'époque, Raymond Barre, argumentaire étayé qui passe aujourd'hui encore pour un modèle d'alerte scientifique. "Force est d'admettre que l'amiante est un cancérogène physique dont l'étendue des méfaits chez l'homme est actuellement bien connue", écrit le médecin, qui annonce également "des conséquences plus graves sur la santé publique pour les trente années à venir". Entre juin 1977 et mars 1979, une série d'arrêtés et de décrets viennent d'ailleurs réglementer l'usage de cette matière. Le flocage est interdit et des limites de poussière sont fixées dans les établissements où sont exposés des personnels. Bien qu'insuffisantes, ces mesures éloignent l'attention.
Pour les industriels, il convient de ne plus se laisser dépasser par les événements. Un homme va notamment s'y employer : Marcel Valtat. "C'était un personnage assez remarquable, d'une habileté considérable", estime Henri Pézerat, un toxicologue qui a été son plus farouche contradicteur. "Il était flamboyant", assure Jean-Pierre Hulot, son ancien collaborateur. A celui-ci, Marcel Valtat aimait raconter sa vie : résistant communiste à 20 ans, évadé de la prison de la Santé, membre du cabinet de Charles Tillon, alors ministre communiste de l'air, envoyé par la France en Allemagne pour tenter de mettre au service du pays Werner von Braun, le père des bombes fusées V1. Il a été également journaliste à L'Humanité. Au milieu des années 1960, ce précurseur crée Communications économiques et sociales (CES), un des premiers cabinets spécialisés qui se chargera de la promotion des entreprises.
L'Association française de l'amiante (AFA), qui regroupe les industriels du secteur, figure parmi ses clients. Les capacités d'entregent de Marcel Valtat culminent, fin 1982, avec la création du Comité permanent amiante (CPA). Cette sorte d'OVNI structurel, officiellement "groupe informel, sans pouvoir et sans statuts", sans existence juridique non plus, financé par les industriels, a conduit de facto la politique française sur le sujet pendant des années. Officiellement, la paternité du CPA revient à Dominique Moyen, directeur général de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un organisme officiel regroupant patronat et syndicats chargés de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Dans les faits, un échange de lettres démontre le rôle central joué par Marcel Valtat.
Les réunions du comité se tiennent dans les locaux de Communications économiques et sociales, rue de Messine, à Paris. Marcel Valtat en assure le secrétariat et l'ordre du jour. Personne ne trouve à y redire, comme personne ne juge anormal que le budget de fonctionnement soit entièrement assuré par les industriels, via le CES qui reçoit plus de 100 000 euros par an pour ce faire. Les voyages d'étude sont de la même manière entièrement financés par les lobbies français et international de l'amiante.
Se retrouvent, à dates régulières, une vingtaine d'interlocuteurs : des représentants des différents ministères concernés comme le travail ou la santé, des scientifiques dont le professeur Bignon, naguère farouche opposant, des membres de l'AFA, bien sûr, mais également des délégués des principaux syndicats qui défendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la préservation de l'emploi. Une seule organisation décline l'offre : Force ouvrière (FO). En 1986, dans un échange assez vif de courrier avec l'INRS et Marcel Valtat, Paul Malnoë, délégué FO des chantiers navals de Saint-Nazaire, justifie cette abstention en dénonçant dans le CPA un organisme bancal. "Il ne faut pas confondre les rôles", écrit-il, ajoutant cette phrase prémonitoire : "La seule situation véritablement sûre ne peut être atteinte qu'en interdisant au maximum l'usage de l'amiante."
Le CPA, lui, travaille sur une autre piste exclusive : l'usage contrôlé. Patrick Brochard, pneumologue réputé, élève du professeur Bignon, a participé aux séances du comité à partir de 1987. Le scientifique admet aujourd'hui s'être laissé enfermer dans un piège. "Les industriels ont affirmé : 'On ne sait pas faire sans amiante', et tout lemonde les a crus. L'Etat nous a donc demandé, à nous autres scientifiques, des recommandations pour l'utiliser dans des conditions acceptables de santé."
Les substituts existent pourtant. Dans les années 1950, les frères Blandin ont ainsi développé une alternative qui a connu un franc succès pendant dix ans, jusqu'à son asphyxie économique par Saint-Gobain, un des principaux producteurs et utilisateurs d'amiante au monde. Ceux qui affirment ne pouvoir se passer de l'amiante commercialisent dès 1984 des produits qui en sont dépourvus dans des pays l'ayant déjà interdit, comme le Danemark. "Quand on me disait qu'on ne pouvait enlever l'amiante dans les plaquettes de freins sous peine d'envoyer les voitures dans le mur, je répliquais que Volvo s'en passait déjà", se souvient le toxicologue Henri Pézerat. "Ne pas s'occuper de l'éradication de l'amiante a été une erreur. Il est injuste de diaboliser le travail qui a été fait par les scientifiques au sein du CPA. Il faut diaboliser le travail qui n'a pas été fait pour trouver d'autres solutions techniques", affirme le professeur Got.
"Le CPA a été un formidable éteignoir, explique M. Pézerat. Nous, les opposants à l'amiante, nous nous sommes retrouvés marginalisés. Nous avons alors plongé dans un trou historique de douze ans." Pendant ces années où se succèdent gouvernements de droite et de gauche, la structure se revendiquant comme "un lieu vide" va dicter en toute discrétion la politique en matière d'amiante à un Etat singulièrement passif. Un rapport de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques, publié en 1997, fustigera d'ailleurs en termes très durs ce laisser-faire des pouvoirs publics. "Il y a des responsabilités politiques graves", estime encore aujourd'hui Jean-Yves Le Déaut, député (PS, Meurthe-et-Moselle) et rapporteur du texte. "A l'époque, il a semblé normal de confier la veille sanitaire au privé, résume Me Michel Ledoux, avocat de l'Andeva. C'est comme si la Seita s'était occupée du cancer du poumon."
Acette période, la méthodologie des prélèvements dans l'air est mise au point par Daniel Bouige. Cet ingénieur n'est autre que le représentant des industriels de l'amiante au sein du CPA. Sollicité par Le Monde, M. Bouige n'a pas donné suite aux demandes d'entretien. En raison de contestation récurrente sur les chiffres, l'établissement d'un protocole de recherche des fibres dans l'air est confié... à un autre représentant de l'industrie de l'amiante au CPA.
En 1992, dans une école de Pontoise (Val-d'Oise), enseignants et parents découvrent la présence massive d'amiante dans les faux plafonds et s'inquiètent. Le maire ferme les classes. Un instituteur prévient la CGT... qui renvoie sur le CPA. Pas moins de cinq membres du comité participent alors à une réunion publique à Pontoise. Selon les procès verbaux de Marcel Valtat, leur "témoignage rassure les parents et permet de dédramatiser la situation". L'école est rouverte.
Le comité contribue également à l'argumentaire de l'Etat dans les décisions internationales. En 1986, quand les Etats-Unis envisagent une première fois d'interdire l'amiante, la France intervient pour émettre un avis négatif, fondé sur un rapport du CPA. "Il faut noter que (notre) démarche a été totalement relayée par l'administration française", se félicite Marcel Valtat, le 30 septembre. Poussée par l'Allemagne, la Communauté européenne s'interroge également, en 1991, sur une interdiction pure et simple, questionnement d'autant plus fort que le siège de la Commission à Bruxelles, le Berlaymont, est truffé d'amiante. Le CPA va alors procéder à un intense lobbying dans les couloirs de la Commission afin d'empêcher toute prohibition. La France contribuera grandement à geler la situation.
C'est là un des derniers succès du comité, qui ne se remettra pas de la mort brutale de Marcel Valtat, en décembre 1993. Jean- Pierre Hulot, son successeur à Communications économiques et sociales, reprend le secrétariat. "Je ne savais pas si amiante était féminin ou masculin", avoue-t-il. Moins investi, M. Hulot est peut-être aussi moins convaincu. "On changeait d'époque, la relation au risque évoluait, le principe de précaution s'imposait", explique-t-il.
En 1994, la mort de six enseignants au lycée de Gérardmer (Vosges) relance la polémique sur l'amiante. A Jussieu, à la même époque, une nouvelle génération de chercheurs s'inquiète pour son environnement. "Nous avons été confrontés au CPA très rapidement et l'existence de ce truc m'a sidéré, affirme Michel Parigot, responsable du Comité anti-amiante de Jussieu. Quand on téléphonait au ministère de la santé, on tombait sur quelqu'un du comité qui nous répondait : 'Il y a plus de risques sur le périphérique que dans votre université.' Nous avons très vite compris que cette structure n'avait réussi à fonctionner aussi longtemps que parce qu'elle n'avait pas été dénoncée publiquement. C'est le genre de choses qui ne supporte pas la lumière." Les opposants vont alors s'attacher à discréditer le CPA et ses membres, parfois de manière féroce. Ils envoient des notes à tous les journaux sur ses travaux et son financement, distribuent des tracts lors de ses colloques, apportent la contradiction dans la salle, par l'intermédiaire d'Henri Pézerat notamment.
Le comité ne survivra pas à cette campagne. Ses membres sentent le vent tourner. Les syndicats se retirent discrètement, la CGT dénonçant tardivement "la fiction" de l'usage contrôlé. Le 25 septembre 1995, dans un courrier cosigné, les ministères annoncent quitter une structure où ils affirment n'avoir été qu'"en tant qu'observateurs". Fin 1995, le CPA disparaît, raconte un des participants, sur un "pot de l'amitié".
En 1996, Jean Bignon publie un mea culpa : "Je considère a posteriori que nous aurions dû collectivement nous opposer à la création du CPA ." "Nous nous sommes fait rouler, reconnaît aujourd'hui Patrick Brochard. Les problèmes de santé au travail ne peuvent faire l'objet d'un compromis entre partenaires sociaux. Ils ne se négocient pas." Un rapport de l'Inserm révèle l'ampleur de la catstrophe sanitaire qui pourrait faire jusqu'à 100 000 morts en France d'ici 2025. Le lendemain, le gouvernement annonce vouloir interdire ce produit, mesure qui entrera en vigueur le 1er janvier 1997. Vingt-cinq ans après la réunion de Londres.
Benoît Hopquin
Article Monde paru dans l'édition du 23.04.05