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C'est con de vous donnez le temps qu'il fait excusez moi !

Il suffit de regarder dehors non ?

Et puis la date c'est pareil elle n'y est plus le calendrier des PTT il est très bien

 

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Articles de la presse

Jeudi 23 juin 2005 4 23 /06 /Juin /2005 00:00
Ils ont tout des Beatles, dont ils revendiquent la filiation culturelle et musicale. Tout, avec en plus un parfum de scandale qu'entretiennent savamment les frères Gallagher. Eux, ce sont les Anglais d'Oasis qui, dès 1991, ont relevé le défi d'être aussi populaires que les Fab Four de Lennon. Pari quasi tenu tant Oasis soulève les controverses et vend ses albums par dizaines de millions. Histoire d'une légende en marche...
Les frères Gallagher
>> Que serait Oasis sans le tandem de charme et de choc que forment les frères Gallagher, Liam et Noel ? Sans doute peu, tant ces deux-là apportent au groupe talent, charisme... et scandale. Tels deux frères ennemis, ils se déchirent et se réconcilient sur fond d'alcool, de sexe et de drogue, mettant régulièrement en péril l'existence du groupe mais donnant aussi de la valeur à cette formation décidément politiquement incorrecte.
>> L'histoire d'Oasis est une histoire de famille. Noel (né en 1967) et Liam (né en 1972) Gallagher passent une enfance londonienne perturbée. Encore adolescent, Noel passe plus de temps dans la rue (et occasionnellement en prison) que sur les bancs de l'école.
>> Après quelques jobs alimentaires, il trouve le salut dans la musique en 1988 en écrivant ses premières chansons. Alors que Noel intègre les Inspiral Carpets, Liam, de cinq ans son cadet, commence lui aussi à tourner avec différentes formations dont Rain, avec Paul McGuigan et Tony Mc Caroll, futurs membres d'Oasis.
>> Rain devient Oasis en mai 1991, à l'occasion de leur véritable premier concert, en première partie de Sweet Jesus. Noel intègre la formation quelques jours plus tard, formation qui trouve là sa forme quasi définitive.
>> Durant des mois, Oasis tente de s'imposer dans les concerts locaux, enregistrant plusieurs démos qui n'attirent pourtant pas les maisons de disques. Côté scène, la paire Gallagher fait déjà parler d'elle. Les deux frères s'insultent et se disputent devant le public, n'hésitant pas à mettre en péril la fragile existence du groupe.
Supersonic
>> Il faut attendre l'été 1993 pour que le groupe signe finalement son premier contrat chez Creation, puis chez Sony. En fin d'année, ils rentrent en studio et enregistrent Supersonic. Alors qu'Oasis ne faisait que quelques articles dans la presse londonienne, ce single les propulse soudain en tête des hit-parades. La légende est née !
>> Fort du succès de Supersonic, le groupe tourne dans toute l'Europe, entraînant avec lui son lot de bagarres, de disputes et de soûleries. La réputation sulfureuse de la toute jeune formation n'est déjà plus à prouver et semble contribuer à sa publicité.
>> Musicalement, Oasis n'a jamais caché son admiration pour les Beatles, et les critiques y vont de bon coeur, les accusant parfois de plagiat ou de pâle imitation. Critiques qui laissent les frères Gallagher indifférents, et ne les empêchent pas d'enregistrer leur premier album au printemps 1994: Definitely Maybe. Cet opus se vend à 150 000 exemplaires en trois jours !
Disputes, scandales et bagarres
>> Malgré le succès du disque, les détracteurs sont nombreux, qui ne supportent plus le comportement des jeunes anglais: bagarres générales lors des concerts, insultes, matériels détruits, scandales à la une des journaux, interviews provocatrices, Liam et Noel entretiennent la controverse.
>> Les années se succèdent sur fond de séparation: à chaque dispute des Gallagher, les journaux annoncent la fin d'Oasis. Mais il n'en est rien. Après plus de dix ans d'existence, six albums studio -dont Heathen Chemistry, sorti en juillet 2002, remporte un franc succès-, après de nombreuses frasques amoureuses (Liam est divorcée de Patsy Kensit, vit avec Nicole Appleton des All Saints, a deux enfants, et reste un coureur impénitent et bagarreur), après de nombreuses lubies qui mettent le groupe à la Une des journaux People autant que des magazines spécialisés, après une série de scandales qui entretient la légende (concerts annulés ou abrégés, procès), les Anglais d'Oasis semblent avoir réussi leur pari: celui d'être aussi connu que les Beatles.
>> Comparés aux Fab Four, aux Rolling Stones, aux Smiths voire aux Sex Pistols pour leur arrogance et leur énergie, les Oasis prouvent finalement leur unicité musicale et leur inégalable talent commercial.
>> Fleurons d'un rock britannique qu'ils avaient réveillé avec fougue dans les années 90 en deux premiers albums imparables, les têtes à claques d'Oasis semblaient se reposer depuis, sur les lauriers de leurs exploits passés. Talonné par la jeune garde, maltraité par la critique, le leader Noel Gallagher a rassemblé ses troupes pendant de longs mois en studio pour mettre au point le solide "Don't Believe The Truth" qui sonne comme un véritable sursaut d'orgueil.
>> Jouant avec aisance dans son pré-carré traditionnel, du riff stonien de "Lyla" au final "Let There Be Love", splendide ballade à la John Lennon, l'aîné Gallagher s'est aussi aventuré sur le palpitant "Mucky Fingers" vers les contrées fantasmées du Velvet Underground et de Bob Dylan. A ses côtés, son frère Liam chante avec une conviction retrouvée et signe avec réussite les compositions les plus directes de l'album (dont la très Beatles "Guess God Thinks I'm Abel") tandis que les contributions d'Andy Bell et Gem Archer injectent une teinte psychédélique à l'ensemble.
>> Véritable oeuvre de groupe, variée et cohérente, relevée par la production incisive de Dave Sardy, ce sixième album d'Oasis résonne ainsi comme une réponse cinglante aux détracteurs des insolents frères Gallagher.
Site ABC TAB
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Jeudi 23 juin 2005 4 23 /06 /Juin /2005 00:00
Libération - 17 juin 2005 : Un pschitt de boue pour décorer son 4x4 Par
Emmanuelle PEYRET
Souiller sa voiture afin de frimer ou tromper la police.

C'est la vraie bonne idée pour traîner dans la gadoue les heureux
propriétaires d'un 4x4 en ville, mise au point par un Anglais moqueur : un
spray à boue pour donner au véhicule l'air d'avoir roulé sur de rupestres
chemins plutôt que le long des boutiques de Chelsea. Un coup de pschitt et
le 4x4 est maculé d'une authentique boue filtrée de ses pierres afin, bien
sûr, de ne pas rayer la bête. Que les maniaques se rassurent, la carrosserie
ne risque rien, grâce «à des ingrédients secrets qui améliorent le côté
adhésif et font sécher la boue sans abîmer la peinture», indique son
créateur. Ouf !

A l'origine de cet indispensable accessoire (qui coûte l'équivalent de 12
euros, le flacon de 75 cl), une beuverie d'où jaillissent souvent les plus
belles idées, explique l'inventeur, Colin Dowse, cité dans le quotidien
anglais The Guardian. «On était au pub en train de parler de ces gens qui
roulent au volant de ces énormes machins immaculés qui n'ont jamais servi à
la campagne. On s'est dit qu'avec de la boue, ils auraient l'air d'avoir
fait autre chose que déposer les enfants à l'école avant d'aller au cours de
yoga.»

La boue, attestant de son usage en campagne, peut, par ailleurs, détourner
le coup de clé rageur donné par un écolo agacé sur la carrosserie. En tout
cas, affirme-t-il, «ça marche bien aux Etats-Unis et en Angleterre». Parions
que cela fera un tabac dans le chic 9-2 et le friqué 7-8. Cela dit, très
prudent, Colin Dowse spécifie bien sur son site Internet (1) qu'il est
absolument interdit d'utiliser ce spray pour maquiller sa plaque
d'immatriculation (même si un coup de pschitt peut masquer un chiffre comme
ça arrive sur un authentique chemin rural), attendu que c'est interdit par
la police. Il semblerait que cette pratique se propage chez certains
forcenés antiradars, selon le magazine Wired News, qui rappelle que, la
maréchaussée étant munie de système à infrarouge, la tentative est vaine. On
peut quand même se demander, à voir les autres articles en vente sur le site
de Mr. Dowse, si, plutôt que de ridiculiser les 4x4 en ville, il n'avait pas
en fait imaginé un habile moyen pour contourner les radars : en vente
également, un couvercle à poser sur la plaque d'immatriculation qui
surexpose la photo et la rend donc inutilisable...
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Jeudi 23 juin 2005 4 23 /06 /Juin /2005 00:00
La Libre Belgique - 15 juin 2005 : Un raid contre le «lait aux OGM»

Greenpeace s'en prend à une firme laitière
pour dénoncer des vaches nourries aux OGM.
Nos laits répondent à des normes strictes, dit la firme.

Des activistes de l'organisation de défense de l'environnement Greenpeace se
sont introduits mardi matin dans les installations de l'entreprise laitière
Campina, à Aalter, qui commercialise notamment les marques Campina et
Joyvalle. Ils ont déposé des ballots de paille devant les entrées du
bâtiment administratif et ont déployé sur le toit des banderoles insistant
sur la nécessité d'une alimentation animale sans OGM. L'une de ces
banderoles représente une vache aux trayons noués parce que nourrie aux OGM.
Greenpeace n'accepte pas que l'on puisse prétendre -comme le fait Campina-
qu'un produit laitier est «naturel et plus équilibré», alors qu'il est
fabriqué au détriment de l'environnement en raison notamment de
l'utilisation d'organismes génétiquement modifiés dans l'alimentation
animale, affirme Greenpeace.

Publicité mensongère

Du côté de Campina, on ne voit pas précisément les choses de la même
manière. D'abord, explique le directeur de la société hollandaise, Eric De
Cock, tous les laits du monde -sauf le lait biologique- sont susceptibles de
contenir des OGM. Par ailleurs, «que nous qualifions nos produits de
naturels et plus équilibrés ne constituent en rien une publicité mensongère.
Les laits que nous achetons aux producteurs doivent répondent à un cahier de
critères très détaillé et subissent, par ailleurs, un traitement -plus
d'oméga 3, d'acides gras non-saturés, etc.- qui permet de relever leurs
apports en matière de santé». Erik De Cock précisant également que parmi les
standards de qualité et de sécurité, la firme prend également en compte la
nourriture donnée aux vaches. «Cela étant, il faut quand même savoir que
cela coûterait très cher aux producteurs que de nourrir les animaux avec des
produits 100 pc biologiques.»

Un argument que ne partage pas Greenpeace. L'organisation vient de publier
un rapport démontrant que le secteur laitier peut parfaitement se passer de
soja transgénique et qu'il est écologiquement et financièrement préférable
de se tourner vers les fourrages constitués de protéines cultivées
localement comme le trèfle. «L'Europe -qui a refusé, par la voix de ses
consommateurs, les OGM dans l'alimentation humaine- continue par ses
importations massives de soja à stimuler, dans l'indifférence générale,
cette monoculture destructrice et tout sauf durable. A titre d'exemple,
l'Europe a importé en 2003 56,5 millions de fèves de soja», souligne
Greenpeace. «Des millions d'hectares ont ainsi été déboisés, en Argentine,
pour faire place à des champs monotones de soja, destinés au marché de
l'exportation. La production n'a jamais été aussi importante mais la
population ne touche pas les dividendes de cette expansion car l'Argentine a
misé gros sur la culture de fèves de soja transgéniques en combinaison avec
un pesticide et uniformisé son mode de culture. En agissant ainsi,
l'Argentine a fragilisé son agriculture et son économie. Si rien ne vient
inverser cette tendance, on se dirige vers une catastrophe sociale et
économique.»
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00
Pétition du WWF : Stoppons le gaspillage d'énergie en Europe !

URGENT ! A signer avant le 19 juin 2005 sur :
http://www.wwf.fr/changeons_de_courant/index.php?page=petition.htm

« L'énergie la moins polluante et la moins chère est celle que l'on ne
consomme pas »

Une directive européenne sur les services énergétiques est actuellement en
discussion à Bruxelles. Elle vise à rendre plus efficace l'utilisation de
l'énergie
(pétrole, gaz, électricité.) en demandant aux Etats membres de mettre en
place des mesures d'économies d'énergie.
Mais ce projet de directive est malmené, car certains industriels ne
souhaitent pas que la consommation d'énergie soit maîtrisée.
Pourtant, en cessant de gaspiller l'énergie on peut continuer à vivre avec
le même confort tout en diminuant les pollutions, les gaz à effet de serre,
les risques sur la santé et sur la nature. On évite de devoir construire
toujours plus de centrales nucléaires ou au charbon. On rend notre société
plus efficace et moins dépendante, et on permet un partage plus équitable
des ressources de la planète. Pas de doute, c'est la voie de l'avenir !
Des progrès considérables peuvent être obtenus en Europe, puisque dans
certains secteurs jusqu'à 90% de l'énergie que nous utilisons est gaspillée
inutilement (éclairage, chauffage.) Les pays d'Europe de l'Est ont également
beaucoup à faire pour moderniser leurs systèmes énergétiques.
Nous devons donc pousser l'Union européenne à se fixer des objectifs
obligatoires et suffisamment ambitieux. Le Parlement européen, qui
représente la voix du peuple, est prêt à aller dans ce sens. Mais la plupart
des Etats membres sont encore réticents.

Grâce à votre voix, soutenez le WWF dans son combat pour que l'Europe stoppe
les gaspillages d'énergie ! L'énergie ne doit plus être une source de
dégradation de notre environnement.

Le WWF demande que des mesures permettant d'économiser 2,5% de l'énergie
consommée dans le secteur privé et 3% dans le secteur public soient mises en
place chaque année. Ce combat n'est pas gagné d'avance et nous avons besoin
du soutien de tous. Chaque voix compte !

Pour signer la pétition européenne du WWF, rendez-vous sur
http://www.wwf.fr/changeons_de_courant/index.php?page=petition.htm

Les signatures seront remises aux membres du Conseil des ministres européens
de l'énergie.

Attention : cette pétition prend fin le 19 juin 2005, car le vote de la
directive a lieu fin juin.
Ne tardez pas à signer et faites connaître rapidement cette pétition autour
de vous. Merci !

Pour en savoir plus sur la maîtrise de l'énergie : campagne "Changeons de
Courant" du WWF www.wwf.fr/changeons_de_courant
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00
AFP - 01 juin 2005 : Chambéry inaugure la plus grosse centrale solaire
photovoltaïque de France

La plus grosse centrale photovoltaïque de France, utilisant l'énergie
solaire pour produire de l'électricité, a été inaugurée mercredi en Savoie
par le maire de Chambéry Louis Besson (PS) et le président socialiste de la
région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne. La centrale est composée de deux
tranches, l'une de 860 m2 de capteurs, installés sur des réservoirs d'eau
potable et d'une autre de 150 m2, posés e sur un bâtiment proche.
L'installation a une puissance de plus de 100 KWc (kilowatt crète), au
moment où l'ensoleillement et donc le rendement sont au maximum. La
production d'électricité annuelle sera d'environ 120.000 kWh. Elle servira
en partie à alimenter les pompes des réservoirs d'eau (20% environ), le
reste étant revendu à EDF. Le coût total de la centrale est de 530.000 euros
dont 450.000 euros pour sa partie photovoltaïque, fabriquée par l'usine
Photowatt située dans le département voisin de l'Isère. "Le montage
financier est exceptionnel, avec des participations de l'Europe (35 %), de
la région (18%), de l'Ademe (Agence pour l'environnement et la maîtrise de
l'énergie) à (14%), du conseil général de Savoie (13%) et de la ville
(20%)", a souligné M. Besson qui a indiqué qu'en achetant des panneaux
solaires, on participait à un processus de baisse des prix de ces
équipements. Projet pédagogique Les recettes de la centrale (12.000 euros
par an) seront affectées à de nouveaux projets de développement.
L'installation sera aménagée pour permettre de réaliser des visites et des
animations pédagogiques. Depuis 2001, Chambéry s'est engagée dans un
programme volontariste de développement des énergies renouvelables et veut
atteindre l'objectif européen de 8 Wc par habitant en 2010. La ville veut
disposer de 4.800 m2 de panneaux photovoltaïques en 2010 contre 1700 m2
actuellement, a indiqué l'adjoint chargé du développement durable Henri
Dupassieux. Le département de la Savoie, déjà le plus "solarisé de France",
selon M. Dupassieux, joue à fond la carte de cette énergie nouvelle puisque
"l'Institut national de l'énergie solaire" qui devrait employer bientôt 40 à
60 personnes, en majorité des chercheurs, "est en cours d'installation sur
le campus universitaire du Bourget-du-lac", a-t-il dit. La petite commune
savoyarde de Montmélian (4.000 habitants), qui a misé depuis plus de 20 ans
sur l'énergie solaire, est désormais l'une des communes les mieux équipées
de France, avec un millier de m2 de panneaux alimentant en eau chaude un
centre nautique, un hôpital et des logements sociaux et elle a été récemment
primée par le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER), une
association de professionnels.

Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00
Le Figaro - 03 juin 2005 : Leucémies et lignes à haute tension : un lien
statistique, pas d'explication par Jean-Michel Bader
Une étude britannique, prudente, relance la question des effets des champs
magnétiques

Une nouvelle étude de grande ampleur comparant la distance des habitations
par rapport aux lignes à haute tension et la survenue de leucémies de
l'enfance montre un lien statistique faible, mais réel. Aucune explication
basée sur des modèles expérimentaux ne permet de comprendre la cause de
cette augmentation du risque relatif.

En 2001, une monographie du Centre international de recherches sur le cancer
(Circ), basé à Lyon, classait les champs magnétiques de très basse fréquence
(produits par les lignes à très haute tension) dans le groupe 2B des agents
«peut-être cancérigènes». Cette décision était basée sur des «données
épidémiologiques limitées» et des données expérimentales animales
«inappropriées». Pour le Circ, «le mode d'exposition à cet agent entraîne
des expositions qui sont peut-être cancérigènes pour l'homme». Il s'agissait
essentiellement de l'exposition aux champs magnétiques de l'électricité
domestique dans les maisons. Une nouvelle étude, publiée demain dans le
British Medical Journal (1), confirme le travail du Circ et d'autres travaux
américains et britanniques, publiés en 2000 et 2004.

Il existe bel et bien un risque relatif faiblement plus grand que la normale
que les enfants nés dans des maisons à proximité de lignes à haute tension
soient atteints d'un excès de leucémies infantiles.

L'étude cas-contrôles a été réalisée par Gerald Draper (université
d'Oxford). L'un des coauteurs, John Swanson, est a priori peu suspect de
militantisme «antilignes hautes tension» puisqu'il est salarié de
l'entreprise qui gère le réseau britannique, National Grid Transco. L'équipe
a identifié grâce au registre national des cancers de l'enfant 33 000 cas de
cancers d'enfants de moins de 15 ans nés en Grande-Bretagne entre 1962 et
1995. Pour 31 000 d'entre eux, il a obtenu des registres de naissance, la
date et le lieu de résidence. La cohorte finale était composée de 29 081
paires : à chaque enfant malade, correspondait un «contrôle», un enfant
indemne, de même sexe, né le même semestre dans le même district. Pour
calculer les distances entre résidences et lignes électriques, les
chercheurs ont sélectionné dans le réseau du National Grid in England and
Wales toutes les lignes aériennes de 275 000 et 400 000 volts, plus une
petite fraction des lignes de 132 000 volts. Grâce au code postal du lieu de
résidence des nouveau-nés, Gerald Draper a identifié ceux qui habitaient à
moins d'un kilomètre d'une ligne haute tension.

Résultats : pour les leucémies infantiles (et non pour les autres cancers,
infantiles ou adultes) le risque relatif est plus élevé que la normale dans
chacune des tranches de 100 mètres, et jusqu'à 600 mètres de distance d'une
ligne. Ainsi entre 0 et 50 m, il est de 1,67 ; entre 50 et 100 m, il est de
1,79 et, de 100 à 200 m, il est de 1,64. Draper a voulu savoir si la
relation entre la distance à la ligne et le risque de leucémie n'était pas
une conséquence d'un statut socio-économique particulier des habitants
proches des lignes. Tout biais social semble écarté, affirme l'auteur. Ils
confirment au contraire des travaux antérieurs selon lesquels le risque de
leucémie serait plus élevé dans les familles plus riches (sans qu'on ait
d'explication).

«Cette étude peut être analysée comme renforçant les données déjà
existantes, aboutissant à la même conclusion inexplicable», explique Robert
Baan (Circ, Lyon) «Lorsque nous avions classé en 2001 ces champs dans la
catégorie potentiellement cancérigène, nous n'avions pas trouvé d'étude
liant la distance aux lignes et le risque de leucémie.» Robert Baan précise
qu'aux Pays-Bas, une règle établit une zone non-résidentielle au-dessous et
à distance des lignes HT.

Pourquoi ce surrisque modeste ? «Le résultat pourrait être dû au simple
hasard, par exemple si les sujets contrôlés ne sont pas suffisamment
représentatifs de la population», admettent les auteurs. «Nous n'avons
aucune explication satisfaisante pour nos résultats.» Une estimation établit
que sur les 400 à 420 cas de leucémies de l'enfant diagnostiqués chaque
année en Grande-Bretagne, environ cinq cas seraient associés à la proximité
de ces lignes HT. Généralement, les rayonnements à partir d'une source
diminuent en intensité directement en fonction de la distance ; mais les
champs électromagnétiques émis d'une ligne à haute tension diminuent comme
le carré inverse de la distance, et parfois comme le carré au cube ! «Que le
surrisque de leucémies s'étende aussi loin de la ligne est surprenant du
fait du faible niveau produit par ces lignes à de telles distances», admet
Gerald Draper.

(1) BMJ du 4 juin 2005.
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00

OGM

L'Est Républicain - 08 juin 2005 : AOC, AB, Label Rouge et OGM :
l'impossible ménage à quatre

En marge des raids des « Faucheurs volontaires », plusieurs associations
écologistes lancent une campagne plus pacifique contre les OGM.

Plus que jamais mobilisés pour empêcher une possible déferlante de plantes
transgéniques dans les campagnes de France, un collectif d'associations
écologistes lance aujourd'hui à Paris une offensive contre une future « loi
génétiquement modifiée » qui devrait adopter le principe de la coexistence
des OGM avec l'agriculture bio (AB) ou conventionnelle. Cette initiative
surgit au moment ou l'INRA vient d'obtenir la coordination du programme
européen Co-Extra, dont l'une des motivations est de définir des règles plus
précises de cohabitation entre les filières (ER du 7 juin). Pour les écolos,
cet outil de recherche est un moyen habile de ménager « la prochaine loi qui
doit transposer en droit français une directive européenne sur la
dissémination des OGM », explique Stephen Kerckhove, du mouvement Agir pour
l'environnement, « les 13,5 millions d'euros sur 4 ans que Bruxelles va
injecter dans le programme scientifique Co-Extra auraient été mieux utilisés
pour stimuler le développement de l'agriculture biologique, notamment en
France où la demande exponentielle de ce type de produits par le
consommateur est tributaire à plus de 50 % des importations ! ».

Apprentis sorciers

Selon le militant, « le projet Co-Extra est paradoxal car on va financer des
études pour voir si la coexistence est possible mais en même temps on
continue à autoriser la diffusion d'OGM sur le marché. Comme on ne maîtrise
pas la situation scientifiquement, on aurait pu s'attendre à un moratoire :
si au bout de 4 ans l'INRA s'aperçoit que cette coexistence est impossible,
cela signifiera qu'on a joué une fois de plus aux apprentis sorciers ». La
campagne d'information du collectif est orchestrée autour d'une brochure
diffusée à 170.000 exemplaires adressés aux parlementaires et surtout « aux
organismes qui certifient les AOC et les labels Rouge afin qu'ils excluent
de leur cahier des charges le recours aux OGM, notamment dans l'alimentation
animale, car c'est principalement par là que s'écoule 80 % des OGM en
France ». Outre cette précision, les opposants réclament dans la prochaine
loi que plus de précisions soient apportées au niveau de la responsabilité.
Sur ce point précis, ils adhèrent au modèle allemand qui permet à un paysan
bio de réclamer des dommages et intérêts en cas de contamination de ses
cultures par des OGM.

La mort du bio

Mais ils mettent toutefois la barre plus haut en demandant que l'agriculteur
« contaminant » ne soit pas le seul à porter le chapeau, « car il peut y
avoir aussi une dissémination des OGM pendant leur transport. On souhaite
que la responsabilité cible directement l'obtenteur, celui qui a fait
breveter la modification génétique et qui l'a mise sur le marché », ajoute
Kerckhove.

La requête a très peu de chance d'aboutir, mais selon les écolos, « elle
représente une parade contre la pollution des cultures bio par la
transgénèse ». Actuellement l'Europe a fixé à 0,9 % le taux de présence
fortuite d'OGM dans les aliments qui déclenche l'obligation d'un étiquetage.
En avril dernier, cette notion de seuil avait été étendue aux semences dans
les propositions d'une Mission parlementaire sur les OGM, mais sans apporter
la moindre distinction entre agriculture biologique et conventionnelle, « ce
qui revient à porter un coup fatal au bio », avait déclaré le député Vert
Yves Cochet lors de la présentation du rapport. L'élu de Paris avait été
associé à la Mission, mais il avait voté contre ses conclusions.

Patrice COSTA
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Vendredi 17 juin 2005 5 17 /06 /Juin /2005 00:00
 Le Monde - 08 juin 2005 : La pollution atmosphérique aux abords du tunnel
du Mont-Blanc dépasse les normes légales

e report du trafic du tunnel du Fréjus sur le tunnel du Mont- Blanc,
devrait entraîner un dépassement des normes légales de pollution de l'air
auxabords de la cité savoyarde : c'est ce qui ressort d'une étude publiée en
juin 2004 par l'association de mesure de la qualité atmosphérique, L'Air de
l'Ain et des pays de Savoie, basée à Chambéry, consultable sur Internet
(www.atmo-rhonealpes.org). Comme les associations de ce type, elle est
financée par l'Etat, les collectivités locales et les industriels.

L'étude, intitulée Bilan de la qualité de l'air dans la vallée de Chamonix
(janvier 2002-mars 2004), synthétise les données observées aux deux stations
de mesure de Chamonix et du village des Bossons. Cette dernière station,
miseen service en décembre 2001, est placée ! de façon à enregistrer la
pollution engendrée par les véhicules se rendant dans le tunnel du
Mont-Blancou en sortant. Tout l'intérêt de l'étude vient de ce qu'elle
permetde comparer les situations quand le tunnel était fermé (jusqu'en juin
2002) et après sa réouverture.

Deux conclusions en ressortent. D'une part, "la contribution des poids
lourdsse rendant en Italie est particulièrement évidente". La route est
également empruntée par de nombreuses voitures (15 000 par jour), mais les
camions ont un effet prépondérant. "L'analyse de l'évolution hebdomadaire
montre que le profil de la pollution suit le trafic des camions", explique
uningénieur de l'association. Cela est dû au fait que les camions émettent
beaucoup plus de gaz polluants que les automobiles.

D'autre part, comme le montre le graphique que nous reproduisons ci-contre,
la reprise du trafic des camions a entraîné un niveau de pollution en
dioxyded'azote (NO2) bien plus élevé qu'en son! absence. En 2004, la moyenne
annuelle à la station des Bosson! s a ainsi atteint 44 microgrammes de NO2
par m3, alors que la valeur limite permise par la directive européenne du 22
avril 1999 est de 40. En cas de dépassement, "des mesures permanentes pour
réduire durablement les émissions doivent être prises par les Etats".

Ce constat est d'autant plus préoccupant que l'étude a été menée dans une
période où le nombre de poids lourds était encore limité : de l'ordre de 960
par jour. Or, il a atteint en 2005 le nombre de 1 200 par jour et pourrait
grimper au- delà de 1500, avec le report du trafic du tunnel du Fréjus. La
capacité technique du tunnel du Mont Blanc allant jusqu'à 5 000 poids-
lourdspar jour, la tentation pourrait être d'augmenter encore le trafic qui
yest autorisé. Le niveau de pollution augmenterait alors et dépasserait le
niveau autorisé par la directive européenne. La question de la légalité de
cette reprise du trafic est donc posée.

Christine Garin et Hervé ! KempfArticle paru dans l'édition du 09.06.05
Par basile - Publié dans : Articles de la presse
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Lundi 25 avril 2005 1 25 /04 /Avr /2005 00:00

Près de 90 % des glaciers de la péninsule Antarctique ont régressé en cinquante ans

 

La péninsule Antarctique, qui s'étire au nord-ouest du continent blanc entre la mer de Weddell et celle d'Amundsen, est l'endroit du globe qui a connu le réchauffement climatique le plus élevé : + 2,5ºC depuis 1950. Cette situation a entraîné la régression de 87 % des 244 glaciers marins recensés dans la région. Un constat que vient d'établir une équipe de chercheurs anglais et américains dirigés par Alison Cook, du British Antarctic Survey (Cambridge, Grande-Bretagne).

 

Les glaciers marins sont des glaciers terrestres qui se terminent dans l'océan. Sous l'effet du réchauffement, leur glace descend jusqu'à la mer pour former des plates-formes flottantes. "Pour leur étude, les chercheurs ont observé l'évolution du front en bas du glacier, qui peut, selon les cas, avancer ou reculer", explique Catherine Ritz, glaciologue au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE ­ CNRS et université Joseph-Fourier), à Grenoble.

Pour obtenir ces statistiques, expliquent Alison Cook et ses coéquipiers dans la revue Science du 22 avril, il a fallu réaliser un travail de compilation pour la période comprise entre 1940 et 2001. Puis étudier 2000 photos aériennes et plus de 100 images satellitaires prises à partir des années 1960, notamment celles fournies par les satellites Landsat entre 1986 et 1989.

Toutes ces données ont ensuite été regroupées et enregistrées dans un système d'information géographique, qui a servi de référence commune. "Cela nous a fourni des archives uniques concernant les glaciers de cette partie de l'Antarctique", précise Alison Cook. Ce travail permettra aussi de créer trois cartes très précises de la région, que l'US Geological Survey mettra à la disposition des scientifiques et du public.

Le système d'information géographique a permis d'établir que 62 % des glaciers étudiés ont avancé et 38 % ont reculé entre 1945 et 1954. Après cette date, la tendance s'est inversée, et, de 2000 à 2004, la proportion des glaciers en régression a atteint 75 %. Le retrait moyen a été de 600 mètres, mais certaines langues de glace ont connu un recul plus important. Le glacier Sjogren, situé à la pointe nord de la péninsule, a ainsi subi une régression de 13 km depuis 1993. Le glacier Widdowson, sur la côte ouest, a subi le recul le plus important sur cinq ans ­ équivalent à 1,1 km/an ­, alors qu'il avait avancé de 200 mètres par an dans les années 1940.

Les résultats obtenus "sont globalement compatibles avec un retrait dû au réchauffement de l'atmosphère, concluent les chercheurs. Mais la rapidité de la migration suggère aussi que ce n'est pas la seule cause de la fonte des glaciers de la région". D'autres éléments, comme la température de l'océan, ont pu aussi jouer un rôle.

"En raison du réchauffement, le phénomène observé n'est pas surprenant, précise Catherine Ritz. Mais la grande calotte glaciaire n'en sera pas déstabilisée pour autant, car ces petits glaciers n'ont aucun effet sur la grande masse du continent antarctique. Situés le long de la chaîne de montagnes de la péninsule, ils n'ont qu'un effet local."

D'autant plus "que le climat n'a pas changé dans le reste du continent antarctique. Il y a même quelques endroits où la température a baissé, ajoute pour sa part Christophe Genthon, climatologue au LGGE. Mais nous manquons de données climatiques à grande échelle".

Christiane Galus

Article Monde paru dans l'édition du 24.04.05

 

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Lundi 25 avril 2005 1 25 /04 /Avr /2005 00:00

Amiante, vingt-cinq ans d'intox

 

C'est un saut dans le passé d'une trentaine d'années, soit à peu près la période de latence d'un cancer lié à l'amiante. En 1971 se réunissent à Londres les industriels américains et européens qui développent les centaines d'applications de cette fibre ignifuge, alors utilisée des grille-pain aux freins des voitures. Mais cette merveille qu'ils ont tout bonnement baptisée le"minéral magique" connaît de plus en plus de détracteurs en ce début de décennie. Des études scientifiques pointent sa nocivité. Outre-Atlantique se préparent les premiers procès intentés par des employés qui meurent de l'amiante dans une affreuse agonie, entre morphine et masque à oxygène."Les pressions vont s'accroître à plus ou moins long terme, redoute l'organisateur de la conférence. Préparez votre défense." La mise en garde sera parfaitement assimilée par les représentants français.

 

Débute "une magistrale opération de lobbying", selon l'expression de François Desriaux, président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Elle permettra de retarder, jusqu'à 1996, l'interdiction d'une fibre qui provoque aujourd'hui entre 2 500 et 3 000 décès par an. Incrédules, les sénateurs qui travaillent à huis clos sur le sujet au sein d'une mission d'information sont taraudés par la même question : pourquoi a-t-on attendu si longtemps ? "On savait et on a continué", résume Gérard Dériot (ratt. UMP, Allier), rapporteur de la mission. "Dès 1965, on connaît tout scientifiquement sur les risques de l'amiante", confirme le professeur Claude Got, auteur d'un rapport en 1998. Ce qui n'a pas empêché de l'importer massivement pendant trente ans encore, pour un total équivalent à 80 kg par habitant.

Pourtant, en ces années 1970, on ne donne pas cher de l'avenir de l'amiante en France. Depuis le début du siècle, les ouvriers qui manipulent ce produit s'étiolent dans une relative indifférence. Leurs poumons s'encombrent à en mourir de ces paillettes blanches comme ceux des mineurs s'encrassent du charbon. Mais, en 1975, dans la toute nouvelle université de Jussieu, haut lieu de la pensée scientifique en plein cœur de Paris, l'apparition d'affections graves liées au flocage décuple soudain l'attention du grand public.

En décembre 1976, une conférence du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) débouche sur le classement de l'amiante comme cancérogène avéré pour l'homme. Le professeur Jean Bignon, pneumologue respecté, se montre particulièrement vindicatif. Il écrit le 5 avril 1977 une longue lettre au premier ministre de l'époque, Raymond Barre, argumentaire étayé qui passe aujourd'hui encore pour un modèle d'alerte scientifique. "Force est d'admettre que l'amiante est un cancérogène physique dont l'étendue des méfaits chez l'homme est actuellement bien connue", écrit le médecin, qui annonce également "des conséquences plus graves sur la santé publique pour les trente années à venir". Entre juin 1977 et mars 1979, une série d'arrêtés et de décrets viennent d'ailleurs réglementer l'usage de cette matière. Le flocage est interdit et des limites de poussière sont fixées dans les établissements où sont exposés des personnels. Bien qu'insuffisantes, ces mesures éloignent l'attention.

Pour les industriels, il convient de ne plus se laisser dépasser par les événements. Un homme va notamment s'y employer : Marcel Valtat. "C'était un personnage assez remarquable, d'une habileté considérable", estime Henri Pézerat, un toxicologue qui a été son plus farouche contradicteur. "Il était flamboyant", assure Jean-Pierre Hulot, son ancien collaborateur. A celui-ci, Marcel Valtat aimait raconter sa vie : résistant communiste à 20 ans, évadé de la prison de la Santé, membre du cabinet de Charles Tillon, alors ministre communiste de l'air, envoyé par la France en Allemagne pour tenter de mettre au service du pays Werner von Braun, le père des bombes fusées V1. Il a été également journaliste à L'Humanité. Au milieu des années 1960, ce précurseur crée Communications économiques et sociales (CES), un des premiers cabinets spécialisés qui se chargera de la promotion des entreprises.

L'Association française de l'amiante (AFA), qui regroupe les industriels du secteur, figure parmi ses clients. Les capacités d'entregent de Marcel Valtat culminent, fin 1982, avec la création du Comité permanent amiante (CPA). Cette sorte d'OVNI structurel, officiellement "groupe informel, sans pouvoir et sans statuts", sans existence juridique non plus, financé par les industriels, a conduit de facto la politique française sur le sujet pendant des années. Officiellement, la paternité du CPA revient à Dominique Moyen, directeur général de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un organisme officiel regroupant patronat et syndicats chargés de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Dans les faits, un échange de lettres démontre le rôle central joué par Marcel Valtat.

Les réunions du comité se tiennent dans les locaux de Communications économiques et sociales, rue de Messine, à Paris. Marcel Valtat en assure le secrétariat et l'ordre du jour. Personne ne trouve à y redire, comme personne ne juge anormal que le budget de fonctionnement soit entièrement assuré par les industriels, via le CES qui reçoit plus de 100 000 euros par an pour ce faire. Les voyages d'étude sont de la même manière entièrement financés par les lobbies français et international de l'amiante.

Se retrouvent, à dates régulières, une vingtaine d'interlocuteurs : des représentants des différents ministères concernés comme le travail ou la santé, des scientifiques dont le professeur Bignon, naguère farouche opposant, des membres de l'AFA, bien sûr, mais également des délégués des principaux syndicats qui défendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la préservation de l'emploi. Une seule organisation décline l'offre : Force ouvrière (FO). En 1986, dans un échange assez vif de courrier avec l'INRS et Marcel Valtat, Paul Malnoë, délégué FO des chantiers navals de Saint-Nazaire, justifie cette abstention en dénonçant dans le CPA un organisme bancal. "Il ne faut pas confondre les rôles", écrit-il, ajoutant cette phrase prémonitoire : "La seule situation véritablement sûre ne peut être atteinte qu'en interdisant au maximum l'usage de l'amiante."

Le CPA, lui, travaille sur une autre piste exclusive : l'usage contrôlé. Patrick Brochard, pneumologue réputé, élève du professeur Bignon, a participé aux séances du comité à partir de 1987. Le scientifique admet aujourd'hui s'être laissé enfermer dans un piège. "Les industriels ont affirmé : 'On ne sait pas faire sans amiante', et tout lemonde les a crus. L'Etat nous a donc demandé, à nous autres scientifiques, des recommandations pour l'utiliser dans des conditions acceptables de santé."

Les substituts existent pourtant. Dans les années 1950, les frères Blandin ont ainsi développé une alternative qui a connu un franc succès pendant dix ans, jusqu'à son asphyxie économique par Saint-Gobain, un des principaux producteurs et utilisateurs d'amiante au monde. Ceux qui affirment ne pouvoir se passer de l'amiante commercialisent dès 1984 des produits qui en sont dépourvus dans des pays l'ayant déjà interdit, comme le Danemark. "Quand on me disait qu'on ne pouvait enlever l'amiante dans les plaquettes de freins sous peine d'envoyer les voitures dans le mur, je répliquais que Volvo s'en passait déjà", se souvient le toxicologue Henri Pézerat. "Ne pas s'occuper de l'éradication de l'amiante a été une erreur. Il est injuste de diaboliser le travail qui a été fait par les scientifiques au sein du CPA. Il faut diaboliser le travail qui n'a pas été fait pour trouver d'autres solutions techniques", affirme le professeur Got.

"Le CPA a été un formidable éteignoir, explique M. Pézerat. Nous, les opposants à l'amiante, nous nous sommes retrouvés marginalisés. Nous avons alors plongé dans un trou historique de douze ans." Pendant ces années où se succèdent gouvernements de droite et de gauche, la structure se revendiquant comme "un lieu vide" va dicter en toute discrétion la politique en matière d'amiante à un Etat singulièrement passif. Un rapport de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques, publié en 1997, fustigera d'ailleurs en termes très durs ce laisser-faire des pouvoirs publics. "Il y a des responsabilités politiques graves", estime encore aujourd'hui Jean-Yves Le Déaut, député (PS, Meurthe-et-Moselle) et rapporteur du texte. "A l'époque, il a semblé normal de confier la veille sanitaire au privé, résume Me Michel Ledoux, avocat de l'Andeva. C'est comme si la Seita s'était occupée du cancer du poumon."

Acette période, la méthodologie des prélèvements dans l'air est mise au point par Daniel Bouige. Cet ingénieur n'est autre que le représentant des industriels de l'amiante au sein du CPA. Sollicité par Le Monde, M. Bouige n'a pas donné suite aux demandes d'entretien. En raison de contestation récurrente sur les chiffres, l'établissement d'un protocole de recherche des fibres dans l'air est confié... à un autre représentant de l'industrie de l'amiante au CPA.

En 1992, dans une école de Pontoise (Val-d'Oise), enseignants et parents découvrent la présence massive d'amiante dans les faux plafonds et s'inquiètent. Le maire ferme les classes. Un instituteur prévient la CGT... qui renvoie sur le CPA. Pas moins de cinq membres du comité participent alors à une réunion publique à Pontoise. Selon les procès verbaux de Marcel Valtat, leur "témoignage rassure les parents et permet de dédramatiser la situation". L'école est rouverte.

Le comité contribue également à l'argumentaire de l'Etat dans les décisions internationales. En 1986, quand les Etats-Unis envisagent une première fois d'interdire l'amiante, la France intervient pour émettre un avis négatif, fondé sur un rapport du CPA. "Il faut noter que (notre) démarche a été totalement relayée par l'administration française", se félicite Marcel Valtat, le 30 septembre. Poussée par l'Allemagne, la Communauté européenne s'interroge également, en 1991, sur une interdiction pure et simple, questionnement d'autant plus fort que le siège de la Commission à Bruxelles, le Berlaymont, est truffé d'amiante. Le CPA va alors procéder à un intense lobbying dans les couloirs de la Commission afin d'empêcher toute prohibition. La France contribuera grandement à geler la situation.

C'est là un des derniers succès du comité, qui ne se remettra pas de la mort brutale de Marcel Valtat, en décembre 1993. Jean- Pierre Hulot, son successeur à Communications économiques et sociales, reprend le secrétariat. "Je ne savais pas si amiante était féminin ou masculin", avoue-t-il. Moins investi, M. Hulot est peut-être aussi moins convaincu. "On changeait d'époque, la relation au risque évoluait, le principe de précaution s'imposait", explique-t-il.

En 1994, la mort de six enseignants au lycée de Gérardmer (Vosges) relance la polémique sur l'amiante. A Jussieu, à la même époque, une nouvelle génération de chercheurs s'inquiète pour son environnement. "Nous avons été confrontés au CPA très rapidement et l'existence de ce truc m'a sidéré, affirme Michel Parigot, responsable du Comité anti-amiante de Jussieu. Quand on téléphonait au ministère de la santé, on tombait sur quelqu'un du comité qui nous répondait : 'Il y a plus de risques sur le périphérique que dans votre université.' Nous avons très vite compris que cette structure n'avait réussi à fonctionner aussi longtemps que parce qu'elle n'avait pas été dénoncée publiquement. C'est le genre de choses qui ne supporte pas la lumière." Les opposants vont alors s'attacher à discréditer le CPA et ses membres, parfois de manière féroce. Ils envoient des notes à tous les journaux sur ses travaux et son financement, distribuent des tracts lors de ses colloques, apportent la contradiction dans la salle, par l'intermédiaire d'Henri Pézerat notamment.

Le comité ne survivra pas à cette campagne. Ses membres sentent le vent tourner. Les syndicats se retirent discrètement, la CGT dénonçant tardivement "la fiction" de l'usage contrôlé. Le 25 septembre 1995, dans un courrier cosigné, les ministères annoncent quitter une structure où ils affirment n'avoir été qu'"en tant qu'observateurs". Fin 1995, le CPA disparaît, raconte un des participants, sur un "pot de l'amitié".

En 1996, Jean Bignon publie un mea culpa : "Je considère a posteriori que nous aurions dû collectivement nous opposer à la création du CPA ." "Nous nous sommes fait rouler, reconnaît aujourd'hui Patrick Brochard. Les problèmes de santé au travail ne peuvent faire l'objet d'un compromis entre partenaires sociaux. Ils ne se négocient pas." Un rapport de l'Inserm révèle l'ampleur de la catstrophe sanitaire qui pourrait faire jusqu'à 100 000 morts en France d'ici 2025. Le lendemain, le gouvernement annonce vouloir interdire ce produit, mesure qui entrera en vigueur le 1er janvier 1997. Vingt-cinq ans après la réunion de Londres.

Benoît Hopquin

Article Monde paru dans l'édition du 23.04.05

 

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