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C'est con de vous donnez le temps qu'il fait excusez moi !

Il suffit de regarder dehors non ?

Et puis la date c'est pareil elle n'y est plus le calendrier des PTT il est très bien

 

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Articles de la presse

Dimanche 6 février 2005
 

Bon là j’en suis sur mes amis nous avons vraiment touché le fond, mais à un point que je ne pouvais imaginer !!!!! L’humanité est complètement tombée sur la tête, mais c’est pas vrai, je rêve ou plutôt non c’est un cauchemar.  

 
 
 
 
Avec le "téléphone tombal", gardez le contact avec vos proches défunts
AFP | 05.02.05 | 10h33

Juergen Broether avait encore "beaucoup de choses à dire" à sa mère lorsqu'elle est décédée en 1998. Le problème est réglé depuis que ce sexagénaire allemand a mis au point un "téléphone tombal" enterré près du cercueil, un système pour lequel il a déposé un brevet.L'appareil est en vente depuis le mois de décembre, précise Juergen Broether, qui a déjà vendu trois appareils. Le prix de l'ensemble, y compris les 200 heures de "conversation", s'élève à 1.495 euros. Au bout d'un an, l'installation peut être soit rechargée pour 730 euros, soit rendue en échange d'une prime de restitution de 50 euros."L'ange téléphonique", comme il a baptisé son système, a la taille d'une boîte à chaussure qui contient un téléphone portable, une batterie dotée d'une autonomie de 200 heures de conversation ou d'un an au repos, ainsi qu'un haut-parleur, a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP.Il faut l'enterrer comme une plante en pot, dans un trou d'une trentaine de centimètres de profondeur. La personne appelant entend sonner deux fois, après quoi il ne lui reste plus qu'à se lancer dans son monologue.A l'origine de l'idée, la gêne que les gens éprouvent quand ils veulent parler à haute voix devant une tombe, précise Juergen Broether. "Dans un cimetière, on se sent toujours observé, on se sent gêné, on est obligé de chuchoter.... Avec mon téléphone, la sensation est entièrement différente, on peut même appeler en plein milieu de la nuit quand les portes du cimetière sont fermées", précise-t-il.S'il assure que son deuil personnel "est fini depuis longtemps", Juergen Broether, 64 ans, confie appeler encore sa mère "de temps en temps, pour lui raconter des choses qui pourraient l'intéresser".
Par emmanuel basile
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Dimanche 6 février 2005
Par emmanuel basile
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Dimanche 13 février 2005

Action du Réseau Action Climat France : Kyoto 2005, Ratifiez ET Agissez !

Le Réseau Action Climat-France et ses 14 associations membres organisent, à l'occasion de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, une action festive
et visuelle.


Elle aura lieu le mardi 15 février 2005 à 10h30, devant la statue de la
Liberté à Paris (sous le pont de Grenelle, 16e arrondissement).
Un ballon sera monté à hauteur de la tête de la statue (20 mètres de haut),
avec un message : "Kyoto 2005, Ratifiez ET Agissez !", qui s'adresse à tous
: aux Etats-Unis d'abord, et aux pays n'ayant pas ratifié Kyoto, aux élus et
aux citoyens qui doivent agir.

Venez nombreux !

Par emmanuel basile
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Dimanche 13 février 2005
Agir pour l'Environnement

-Communiqué de presse du 08 février 05-

4x4 de Peugeot-Citroën : Le suivisme comme stratégie commerciale !

Paris, 08 février 2005 : Le groupe automobile PSA vient d'annoncer un accord stratégique visant à lancer la production et la commercialisation d'un 4x4 pour 2007 en partenariat avec Mitsubishi.

Alors que les véhicules à quatre roues motrices, grands consommateurs
d'énergies du fait de leurs poids excessifs, sont en partie responsables du dérèglement climatique, Peugeot et Citroën cherchent à mimer la stratégie industrielle de constructeurs automobiles irresponsables.

Agir pour l'Environnement déplore ce suivisme industriel qui conduit le
groupe PSA à mettre sur le marché un véhicule décrié du fait de ses rejets
de gaz à effet de serre ainsi qu'à cause de l'insécurité routière créée par
un bas de caisse surélevé.

Dès à présent, Agir pour l'Environnement interpelle les concepteurs de ce
futur véhicule 4x4 afin que ses rejets de gaz à effet de serre n'excèdent
pas 140 grammes de CO2 par kilomètre parcouru et que son ergonomie soit
étudiée afin de limiter les risques d'accidents notamment en proscrivant le
superflu comme les pares buffles.

Agir pour l'Environnement réclame l'intervention du Ministère des Transports afin que ce dernier interdise, par voie réglementaire, l'utilisation des pares buffles, option inutile et accidentogène. L'association réclame, dans le cadre de sa campagne « 4x4 = Zéro de conduite ! » l'instauration du bonus/malus à l'achat de véhicules neufs, annoncé il y a presque un an par le Ministre de l'Ecologie. Enfin, dans le cadre du plan Climat, un étiquetage pédagogique était prévu permettant d'identifier facilement les véhicules fortement émetteurs de CO2 et les automobiles moins polluantes. A ce jour, il semble que cette disposition, bien qu'annoncée pour le début d'année 2005, ait été ajournée, sans explication.

Alors que les ventes de 4x4  continuent à être massivement vendus et
utilisés en zone urbaine, lieu manifestement inadapté à leur évolution, le
Gouvernement ne semble pas prendre la mesure de l'urgence à mieux
réglementer les ventes de ce type de véhicules.
Par emmanuel basile
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Dimanche 13 février 2005
Le Canard Enchainé - 02 février 05 : L'enfouissement des questions
gênantes sur les déchets nucléaires

Un rapport très critique sur le projet de stockage n'a même pas été soumis
aux députés.

Le sort des déchets nucléaires français n'est pas encore arrêté, mais le
débat public, lui, semble déjà enterré. Une partie du gratin de l'industrie
nucléaire défile, depuis le 27 janvier, devant les députés et leur présente
les solutions envisagées pour se débarrasser des milliers de tonnes de
gâteries radioactives que produisent chaque année les centrales d'EDF et les activités militaires.

Tout va pour le mieux dans le paradis des becquerels: l'unanimité s'est
faite, au cours de ces auditions organisées par «l'Office parlementaire
d'évaluation des choix scientifiques», en faveur de l'enfouissement des déchets les plus dangereux dans l'argile du site expérimental de Bure (Meuse). L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y a installé un «laboratoire» dont les travaux doivent valider l'option qui a la préférence des industriels, le stockage à 500 mètres de profondeur.

Rapport de l'angoisse

Une solution dont le triomphe a été d'autant plus éclatant que toute voix
discordante avait été écartée. Estimant le débat biaisé, les opposants ont
préféré rester chez eux. Et, surtout, un cabinet américain d'expertise, qui
vient de remettre un rapport critique sur le travail de l'Andra, n'a pas été
invité à la fête, et ses conclusions sont superbement ignorées.

Pourtant, ce savant rapport a été commandé, et payé, par le «Comité local
d'information
et de suivi» du site de Bure, présidé par le préfet, et réunissant élus et
associations. L'Institute for Energy and Environmental Research (IEER)
société américaine qui emploie des scientifiques de diverses nationalités, a
ainsi été chargé d'une expertise indépendante sur les travaux de l'Andra.
Hélas, ses conclusions n'ont pas été du goût de l'expertisé!

Sans entrer dans les détails techniques, l'IEER émet quelques critiques
vigoureuses sur les travaux de l'Andra. Il lui est reproché, par exemple,
une évaluation des risques sismiques «sérieusement déficiente». Et il est
suggéré de mettre en place un «réseau de surveillance adapté». Les experts
internationaux reprochent encore à l'Andra de n'avoir pas suffisamment
étudié quelques points critiques comme le dégagement de chaleur de certains déchets qui pourraient «développer des cycles de vapeur continus dans la zone de stockage, pendant des siècles». L'Andra ne s'est pas davantage penchée sur «le risque d'une intrusion humaine accidentelle ou délibérée».

Plus grave, le principal auteur de l'étude estime que la sécurité de
l'ensemble du projet est trop aléatoire, car dépendant d'un seul élément: les
scellements qui doivent enfermer les déchets pour l'éternité, ou presque.
Car,on l'oublie trop souvent, certains métaux radioactifs ont l'amusante
propriété de cracher leurs rayons pendant des milliers, voire des millions
d'années.
L'activité du plutonium produit par les centrales EDF met 24 000 ans à
diminuer de moitié. Mais nul ne sait s'il y aura encore des hommes sur la
terre pour s'en inquiéter.

La belle robe de Bure

En résumé, le rapport dont les députés ont été privés conclut que.conclure à
la faisabilité du centre de stockage de Bure serait un choix «très
prématuré» et que de longues années d'études sont encore nécessaires. Cela
tombe mal, car l'Andra avance une thèse rigoureusement inverse.

En dépit du retard pris dans la construction du laboratoire de Bure, dont
les forages n'ont pas encore atteint les couches d'argiles censées
accueillir les déchets, la conclusion est toute prête. Il n'est même plus
question d'une autre expérimentation dans le granit, naguère jugée
nécessaire pour éclairer la décision du Parlement, prévue pour l'an
prochain. La messe est dite. Bure est le site idéal pour héberger les
milliers de tonnes de déchets actuellement stockées en surface, à la Hague,
Saint-Laurent-des-Eaux, Cadarache et dans l'Aube. Avant d'avaler la
production à venir. Avec une garantie anti-fuites pour cent mille ans?

Dans un autre rapport, tout récemment publié (voir ci-dessous), la Cour des comptes explique cette hâte de voir la question du stockage enfin tranchée.
Les intérêts économiques ne sont pas minces. Les grands du béton salivent,
car la réalisation de l'infrastructure de stockage repré-sente un pactole de
10 à 30 milliards d'euros. Quant aux industriels du nucléaire, EDF en tête,
ils rêvent de voir enfin une solution au casse-tête des déchets
officiellement validée. Cela redonne des couleurs aux projets du nouveau
réacteur EPR et aux filières du futur.

Comme le remarque perfidement la Cour des comptes, le conseil
d'administration de l'Andra, qui est chargée de donner un avis scientifique éclairé, est composé, pour l'essentiel, de représentants des producteurs de déchets. Pas étonnant que les analyses critiques finissent à la poubelle , enfouies à grande profondeur.

Louis-Marie Horeau
Par emmanuel basile
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Dimanche 13 février 2005
Quand EDF mange ses provision

TOUT a été prévu - EDF le clamait haut et fort - pour mener à bien le
démantèlement progressif des centrales nucléaires actuellement en service.
Des sommes énormes (près de 25 milliards d'euros) auraient été mises de côté pour ce faire. Une rassurante certitude que la Cour des comptes réduit à néant dans son rapport sur le «démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs» rendu public la semaine dernière. Selon cette enquête, les provisions existent surtout sur le papier, et EDF ne dispose en fait que d'un «embryon d'actifs par rapport à la masse à
financer».


EDF est tenu d'économiser de quoi payer, à partir de 2017, la
«déconstruction» de ses centrales. Une opération qui s'étendra sur plusieurs
décennies. Or si, année après année, l'électricien a bien fait figurer
lesdites provisions dans ses comptes, il s'avère que l'argent est loin
d'être en caisse. Ainsi, à la fin de 2003, note la Cour, les fonds effectivement disponibles se montaient à 2,3 milliards d'euros, au lieu des 13,4 milliards qui auraient dû l'être en fonction de la durée de vie prévisible des centrales.

Milliards envolés

Où sont passée les 11,1 milliards manquants? La cour se garde de trancher, mais elle note malicieusement qu'entre 1998 et 2003 les investissements  d'EDF à l'étranger - Italie, Argentine, etc. - se sont élevés à 12,4 milliards  d'euros.
Et n'ont pas été financés sur les fonds propres de l'entreprise, puisque son
endettement a crû de 4 milliards au cours de la même période. Conclusion:
EDF a utilisé en douce les provisions destinées au démantèlement de ses
centrales pour financer ses achats à l'étranger. Lesquels, pour tout
arranger, se sont souvent révélés catastrophiques. C'est ce qui s 'appelle
perdre sur les deux tableaux.

C'est d'autant plus inquiétant que le coût officiel de la déconstruction des
centrales est sans doute sous-estimé. Les premiers démantèlements effectués sont en effet revenus à quelques centaines de millions d'euros de plus que prévu. Mais, surtout, les prévisions ne prennent pas en compte l'élimination des déchets nucléaires. Il y en a pour combien? Personne ne le sait exactement. Les propres estimations de la Cour varient de 20 à 33 milliards d'euros. Une paille!

Privatisation en embuscade

EDF, pour sa part, n'exclut pas que « des sous-évaluations critiquables
aient été faites au cours de la décennie précédente ». Mais, précise l'un de
ses porte-parole au « Canard », « ce n'est plus le cas aujourd'hui ».
L'électricien promet de rattraper son retard en affectant annuellement 1 milliard d'euros à ces provisions, et ce pendant 10 ans.

Le ministère des Finances, lui, n'apprécie guère ces facéties comptables. Ce
n'est pas tant le sort de l'abonné qui préoccupe Bercy. Il croyait avoir
payé le démantèlement des centrales avec sa facture : il risque de devoir le
payer une seconde fois quand il faudra trouver les fonds nécessaires à la
déconstruction. Selon la Cour, cette rallonge majorerait de 10% le prix de
revient de l'électricité. Plus grave aux yeux des Finances : cette histoire
de provisions risque de compliquer une possible privatisation d'EDF. S'il
faut retirer de la valeur de l'entreprise les quelques dizaines de milliards
d'euros nécessaires au démantèlement, en plus des 24 milliards de dettes et
de la soulte de 7,7 milliards versée avant de refiler ses retraités au
régime général, la privatisation ne rapportera plus grand-chose à l'Etat.

Et là, on ne rigole plus.

H.M.
Par emmanuel basile
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Dimanche 13 février 2005
Appel à la création de groupes locaux d'action "pour remettre la publicité
à sa place"

A Paris, le groupe local d'action "pour remettre la publicité à sa place" a
procédé à des barbouillages au grand jour les 14 décembre, 7 janvier et 2
février passés.

Dorénavant, les actions auront lieu le quatrième (4ème) vendredi du mois, à
18h.

Un groupe montpelliérain et un autre lyonnais devraient suivre dès l'édition
du 25 février. Nous vous appelons à constituer un groupe local et à agir de
concert. Au programme : barbouillage non dégradant au blanc d'Espagne,
emballages, suspensions.. L'essentiel tient dans la revendication commune,
et la répétition de l'action tant que nous n'aurons pas obtenu gain de cause
: prenez contacts avec vos élus locaux, ville, département, région, faites
signer le manifeste à des personnalités !

Voici le manifeste que nous appelons à signer à Paris. Prenez le même,
modifiez-le selon vos sensibilités, comme vous voudrez... mais agissez avec
nous !

Coordination sur le site de la BAP, manifeste téléchargeable.

http://www.bap.propagande.org/

Pour plus d'informations : François 01 43 38 33 69

------

Manifeste du groupe local d'action  « pour remettre la publicité à sa
place », à Paris :

puisque l'affichage publicitaire envahit de plus en plus nos espaces
publics, sans nous laisser la possibilité de lui échapper : affiches
lumineuses, animées, trop grandes, trop denses et répétitives ;

puisque l'affichage publicitaire consomme des quantités honteuses de
papiers, de plastiques, d'encres et d'électricité, alors que nous sommes à
l'heure des économies d'énergie et de ressources pour protéger l'avenir de
notre planète ;

puisque l'affichage publicitaire n'épargne ni les abords des écoles ni les
monuments historiques et encore moins nos transports en commun, ciblant nos
plus jeunes enfants et enlaidissant nos paysages urbains et ruraux, nous
matraquant sans relâche ;

je demande aux pouvoirs publics de réagir, d'instaurer et appliquer des lois
et règlements pour réduire l'insoutenable pression publicitaire que nous
subissons, sans libre arbitre, dans nos espaces publics ;

je considère que les dispositions applicables aujourd'hui à l'affichage
associatif constituent le bon objectif à atteindre pour tous les types
d'affichage, et dans tous les espaces publics : au plus 50 cm x 70 cm par
affiche, dans des dispositifs ni lumineux ni animés : cela existe aussi pour
l'affichage des spectacles dans le métro parisien.

Je m'engage à soutenir, jusqu'à me porter témoin devant qui de droit, les
auteurs d'actions de barbouillage, tant qu'elles et ils :
- ne commettront pas de dégradations ;
- agiront au grand jour et en se portant nominalement, collectivement
responsables ;
- récidiveront périodiquement jusqu'à obtenir gain de cause ;

A retourner à : Semilla, 60 rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris

Je signe le manifeste du groupe local d'action  « pour remettre la publicité
à sa place ».

Nom : Prénom : Date : Signature :
En qualité de (10 mots maximum) :

J'autorise le groupe local à communiquer mes noms et qualités à la presse :
OUI NON

Je laisse un moyen de me contacter (adresse postale, numéro de téléphone
fixe, adresse électronique) pour information ou participation à
l'organisation et aux actions du groupe local :
Par emmanuel basile
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Jeudi 7 avril 2005
L'Humanité - 25 mars 2005 : Environnement OGM et herbicide, couple
décapant
Une étude britannique pointe le caractère néfaste pour la biodiversité de
l'usage
d'herbicide associé à un organisme génétiquement modifié.

C'est entendu, toute activité agricole a une incidence sur l'environnement
proche. Toutefois, il semble qu'en la matière certaines cultures de plants
transgéniques ont plus d'effets que les cultures traditionnelles. C'est ce
qui ressort d'une étude britannique menée pendant quatre ans sur le colza
d'hiver,
« la plus importante jamais réalisée dans le monde », à en croire le
secrétaire d'État à l'Environnement d'outre-Manche, Elliot Morley. Publiés
le 21 mars dans les annales de la Royal Society, ces résultats closent un
vaste programme lancé en 1999 et confirment ceux obtenus précédemment sur
des espèces de printemps (betterave, maïs, colza).

La méthode est simple. Les chercheurs ont, dans 75 champs différents,
planté, cultivé et observé du colza d'hiver génétiquement modifié et du
colza traditionnel. À chacune de ces espèces, son traitement herbicide. En
l'occurrence,
l'OGM est conçu pour tolérer le glufosinate. Pendant quatre ans, les
scientifiques ont collecté quelques millions de graines et d'insectes dans
ces champs. Verdict : autour des plants transgéniques, la biodiversité en
prend un coup.

Côté OGM, la quantité de dicotylédones, les seules mauvaises herbes à
fleurir et dont la faune est si friande, représente un tiers de celle
retrouvée côté culture conventionnelle. L'herbicide joue donc à plein et
nettoie à merveille le champ. Ce qui a pour conséquence que papillons et
abeilles se comptent en quantité moindre côté OGM. Les graminées, cependant,
sont plus nombreuses dans les champs OGM. « Cette étude démontre
l'importance
des effets de l'utilisation d'herbicide sur la faune dans les champs et aux
alentours », a sobrement résumé David Bohan, l'un des auteurs de -
l'expérience.
À noter que le plant transgénique nécessite moins d'herbicide.

L'étude ne met donc pas en cause la plante transgénique elle-même, ou son
éventuelle dissémination, mais le système de désherbage qu'elle nécessite.
Pour Arnaud Apotecker, de Greenpeace, cette distinction est « hypocrite et
artificielle ». C'est dire ! « Les effets de l'OGM lui-même sur les
insectes, par exemple, n'ont pas été étudiés, et déjà, c'est négatif »,
argumente-t-il. Pour Antoine Méssean, de l'INRA et membre de la Commission
du génie biomoléculaire, « cette étude alerte sur un phénomène apparu il y a
cinquante ans : avec l'usage d'herbicide, on fait sortir des champs tout un
cortège de la biodiversité ». Et de proposer deux scénarios. Soit l'on garde
les mauvaises herbes dans les champs, en modulant biodiversité et rendement,
soit l'on réduit l'espace cultivé. On ménage ainsi plus d'espace pour la
diversité et on permet de nettoyer les champs. « La question reste ouverte :
quelle agriculture voulons-nous ? »

Vincent Defait
Par emmanuel basile
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Jeudi 7 avril 2005

Le Monde - 31 mars 2005 : L'épuisement de la nature menace le progrès

Politiques, réveillez-vous ! Tel est, en termes beaucoup plus
diplomatiques, le message délivré par plus de 1 300 scientifiques réunis par
l'ONU à propos de l'état des écosystèmes de la planète. Dans le rapport sur
"L'évaluation des écosystèmes pour le Millénaire", publié mercredi 30 mars à
Tokyo, Pékin, New Delhi, Le Caire, Nairobi, Paris, Washington et Brasilia,
ils dressent un bilan très pessimiste de l'impact des activités humaines sur
l'environnement naturel. Surtout, le groupe de scientifiques, animé par
l'université des Nations unies (basée à Tokyo) et la Banque mondiale,
souligne que, si cette dégradation continue, le bien-être humain ne pourra
plus progresser, et que les objectifs du Millénaire, fixés en 2000 et visant
à réduire la faim, la pauvreté, la maladie d'ici à 2015, ne pourront être
tenus. L'événement intervient alors que Tony Blair a fixé comme priorités du
G8 qui aura lieu en juillet en Grande-Bretagne le changement climatique et
le sous-développement de l'Afrique, et qu'en septembre les Etats de l'ONU
ont rendez-vous pour mesurer le degré d'avancement des objectifs du
Millénaire.

Pas de traduction économique, pas de prise en compte
politique : le rapport souligne que "les comptabilités nationales
traditionnelles ne mesurent pas la diminution ni la dégradation des
ressources naturelles", alors même que celles-ci "représentent la perte d'un
patrimoine capital essentiel". Dans plusieurs cas précisément étudiés, tels
ceux en 2001 de l'Equateur, du Venezuela ou du Kazakhstan, les experts
relèvent ainsi que des situations de croissance du produit intérieur brut
dissimulent en fait "une perte en épargne nette" si la baisse des ressources
naturelles est intégrée au calcul. Faute d'instruments traduisant en termes
économiques les dégâts aux écosystèmes, les responsables politiques ne sont
pas incités à prendre des mesures préservant l'environnement. "Le problème,
précise Thomas Rosswall, directeur du Conseil international pour la science,
c'est que les méthodologies d'évaluation économique des services naturels
restent très imparfaites."

Située la plus à l'est, la capitale japonaise a eu la primeur de
cet état de la situation environnementale planétaire, des scénarios et des
réponses à sa dégradation. "C'est l'étude la plus complète réalisée à ce
jour de l'état de notre planète", a déclaré A.H. Zakri, directeur de
l'Institute of Advanced Studies de l'université de l'ONU et coprésident du
comité directeur du projet lancé en juin 2001 par le secrétaire général des
Nations unies, Kofi Annan, et auquel ont collaboré 1 360 spécialistes de 95
pays.

"Au coeur de cette étude, il y a une mise en garde : l'activité
humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles de la planète
que la capacité des écosystèmes à répondre aux demandes des générations
futures ne peut plus être considérée comme acquise", souligne le comité
directeur. "On s'émeut de l'épuisement des ressources énergétiques, mais on
néglige la destruction des écosystèmes", complète Hans Van Ginkel,
secrétaire général adjoint des Nations unies.

On appelle "écosystème" un ensemble d'organismes (plantes,
animaux, micro-organismes) agissant en interaction ­ les hommes, précise les
scientifiques, étant "partie intégrante des écosystèmes". La forêt
tropicale, les océans, la savane sont des exemples d'écosystèmes, l'ensemble
de ceux-ci composant la biosphère, qui est la partie vivante de la planète.
L'originalité de l'étude est qu'elle ne s'intéresse pas à l'environnement en
tant que tel, mais s'organise autour du concept de "services rendus par
l'écosystème" tels que la nourriture, l'eau, le traitement des maladies, la
régulation du climat. Or, indique le rapport, "environ 60 % des écosystèmes
permettant la vie sur Terre ont été dégradés". Une dégradation qui "a été
plus accentuée au cours des cinquante dernières années que dans toute
l'histoire de l'humanité et -qui- ne pourra que s'aggraver au cours des
cinquante prochaines".

Cela est dû à une transformation formidable de l'environnement :
plus de terres ont, par exemple, été converties pour l'agriculture depuis
1945 qu'aux XVIIIe et XIXe siècles réunis, tandis que 60 % de
l'accroissement de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère
depuis 1750 s'est produit depuis 1959.

Le bilan n'est certes pas totalement négatif. Les scientifiques
soulignent nettement que ces changements "ont contribué à des gains nets
substantiels sur le niveau du bien-être de l'homme et le développement
économique". Ils se sont notamment traduits par une augmentation de la
production agricole supérieure à celle de la population humaine, et par une
multiplication de l'économie mondiale par un facteur six.

LES PRIORITÉS ET LES RÉPONSES

De même, la proportion de personnes souffrant de malnutrition a
été réduite et la santé humaine a été améliorée. Le problème majeur est que,
si la dégradation des écosystèmes se poursuit, elle empêchera la réalisation
des objectifs du Millénaire, alors même que les peuples les plus pauvres
sont les premières victimes de ces destructions. La destruction de 35 % des
mangroves a, par exemple, accentué l'impact des tsunamis, qu'elles
contribuaient à amortir. Plus généralement, la dégradation des écosystèmes
entraîne un accroissement des inégalités entre les peuples et constitue une
cause majeure de la pauvreté, du fait que "les pauvres des zones rurales ont
tendance à être plus directement dépendants des services d'origine
écosystémique".

Un aspect très préoccupant souligné par les scientifiques est la
probabilité accrue de "changements non linéaires" : ce terme signifie que, à
partir d'un certain seuil de dégradation, un changement brutal se produit
dans l'écosystème, qui ne devient plus seulement affaibli ou appauvri mais
incapable de fonctionner. Un bon exemple en est celui des pêcheries
mondiales, dans lesquelles plusieurs stocks de poissons ne sont plus
exploitables, même modérément.

Cette probabilité est accentuée par l'impact très fort du
réchauffement de la Terre sur l'environnement (il pourrait ainsi transformer
en quelques décennies la région amazonienne en savane), qui rendra difficile
ou impossible le rétablissement des équilibres rompus.

L'étude se veut un instrument pour identifier les priorités et
les réponses à apporter. Elle s'inscrit dans une démarche comparable à celle
du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), dont le
premier rapport en 1990 avait conduit à la Convention sur le climat et au
protocole de Kyoto. "Nous n'avons pas voulu faire de prescriptions, dit M.
Hans Van Ginkel. Il faut une volonté politique pour répondre à ce défi et
chaque gouvernement doit être conscient de l'urgence mais il n'agira,
individuellement ou collectivement, que sous la pression de l'opinion." Il
reste à convaincre celle-ci que la gravité de la crise des écosystèmes n'est
pas moindre que celle du climat.

Hervé Kempf et Philippe Pons à Tokyo

Par emmanuel basile
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Lundi 25 avril 2005

Amiante, vingt-cinq ans d'intox

 

C'est un saut dans le passé d'une trentaine d'années, soit à peu près la période de latence d'un cancer lié à l'amiante. En 1971 se réunissent à Londres les industriels américains et européens qui développent les centaines d'applications de cette fibre ignifuge, alors utilisée des grille-pain aux freins des voitures. Mais cette merveille qu'ils ont tout bonnement baptisée le"minéral magique" connaît de plus en plus de détracteurs en ce début de décennie. Des études scientifiques pointent sa nocivité. Outre-Atlantique se préparent les premiers procès intentés par des employés qui meurent de l'amiante dans une affreuse agonie, entre morphine et masque à oxygène."Les pressions vont s'accroître à plus ou moins long terme, redoute l'organisateur de la conférence. Préparez votre défense." La mise en garde sera parfaitement assimilée par les représentants français.

 

Débute "une magistrale opération de lobbying", selon l'expression de François Desriaux, président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Elle permettra de retarder, jusqu'à 1996, l'interdiction d'une fibre qui provoque aujourd'hui entre 2 500 et 3 000 décès par an. Incrédules, les sénateurs qui travaillent à huis clos sur le sujet au sein d'une mission d'information sont taraudés par la même question : pourquoi a-t-on attendu si longtemps ? "On savait et on a continué", résume Gérard Dériot (ratt. UMP, Allier), rapporteur de la mission. "Dès 1965, on connaît tout scientifiquement sur les risques de l'amiante", confirme le professeur Claude Got, auteur d'un rapport en 1998. Ce qui n'a pas empêché de l'importer massivement pendant trente ans encore, pour un total équivalent à 80 kg par habitant.

Pourtant, en ces années 1970, on ne donne pas cher de l'avenir de l'amiante en France. Depuis le début du siècle, les ouvriers qui manipulent ce produit s'étiolent dans une relative indifférence. Leurs poumons s'encombrent à en mourir de ces paillettes blanches comme ceux des mineurs s'encrassent du charbon. Mais, en 1975, dans la toute nouvelle université de Jussieu, haut lieu de la pensée scientifique en plein cœur de Paris, l'apparition d'affections graves liées au flocage décuple soudain l'attention du grand public.

En décembre 1976, une conférence du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) débouche sur le classement de l'amiante comme cancérogène avéré pour l'homme. Le professeur Jean Bignon, pneumologue respecté, se montre particulièrement vindicatif. Il écrit le 5 avril 1977 une longue lettre au premier ministre de l'époque, Raymond Barre, argumentaire étayé qui passe aujourd'hui encore pour un modèle d'alerte scientifique. "Force est d'admettre que l'amiante est un cancérogène physique dont l'étendue des méfaits chez l'homme est actuellement bien connue", écrit le médecin, qui annonce également "des conséquences plus graves sur la santé publique pour les trente années à venir". Entre juin 1977 et mars 1979, une série d'arrêtés et de décrets viennent d'ailleurs réglementer l'usage de cette matière. Le flocage est interdit et des limites de poussière sont fixées dans les établissements où sont exposés des personnels. Bien qu'insuffisantes, ces mesures éloignent l'attention.

Pour les industriels, il convient de ne plus se laisser dépasser par les événements. Un homme va notamment s'y employer : Marcel Valtat. "C'était un personnage assez remarquable, d'une habileté considérable", estime Henri Pézerat, un toxicologue qui a été son plus farouche contradicteur. "Il était flamboyant", assure Jean-Pierre Hulot, son ancien collaborateur. A celui-ci, Marcel Valtat aimait raconter sa vie : résistant communiste à 20 ans, évadé de la prison de la Santé, membre du cabinet de Charles Tillon, alors ministre communiste de l'air, envoyé par la France en Allemagne pour tenter de mettre au service du pays Werner von Braun, le père des bombes fusées V1. Il a été également journaliste à L'Humanité. Au milieu des années 1960, ce précurseur crée Communications économiques et sociales (CES), un des premiers cabinets spécialisés qui se chargera de la promotion des entreprises.

L'Association française de l'amiante (AFA), qui regroupe les industriels du secteur, figure parmi ses clients. Les capacités d'entregent de Marcel Valtat culminent, fin 1982, avec la création du Comité permanent amiante (CPA). Cette sorte d'OVNI structurel, officiellement "groupe informel, sans pouvoir et sans statuts", sans existence juridique non plus, financé par les industriels, a conduit de facto la politique française sur le sujet pendant des années. Officiellement, la paternité du CPA revient à Dominique Moyen, directeur général de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un organisme officiel regroupant patronat et syndicats chargés de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Dans les faits, un échange de lettres démontre le rôle central joué par Marcel Valtat.

Les réunions du comité se tiennent dans les locaux de Communications économiques et sociales, rue de Messine, à Paris. Marcel Valtat en assure le secrétariat et l'ordre du jour. Personne ne trouve à y redire, comme personne ne juge anormal que le budget de fonctionnement soit entièrement assuré par les industriels, via le CES qui reçoit plus de 100 000 euros par an pour ce faire. Les voyages d'étude sont de la même manière entièrement financés par les lobbies français et international de l'amiante.

Se retrouvent, à dates régulières, une vingtaine d'interlocuteurs : des représentants des différents ministères concernés comme le travail ou la santé, des scientifiques dont le professeur Bignon, naguère farouche opposant, des membres de l'AFA, bien sûr, mais également des délégués des principaux syndicats qui défendront longtemps l'usage de l'amiante au nom de la préservation de l'emploi. Une seule organisation décline l'offre : Force ouvrière (FO). En 1986, dans un échange assez vif de courrier avec l'INRS et Marcel Valtat, Paul Malnoë, délégué FO des chantiers navals de Saint-Nazaire, justifie cette abstention en dénonçant dans le CPA un organisme bancal. "Il ne faut pas confondre les rôles", écrit-il, ajoutant cette phrase prémonitoire : "La seule situation véritablement sûre ne peut être atteinte qu'en interdisant au maximum l'usage de l'amiante."

Le CPA, lui, travaille sur une autre piste exclusive : l'usage contrôlé. Patrick Brochard, pneumologue réputé, élève du professeur Bignon, a participé aux séances du comité à partir de 1987. Le scientifique admet aujourd'hui s'être laissé enfermer dans un piège. "Les industriels ont affirmé : 'On ne sait pas faire sans amiante', et tout lemonde les a crus. L'Etat nous a donc demandé, à nous autres scientifiques, des recommandations pour l'utiliser dans des conditions acceptables de santé."

Les substituts existent pourtant. Dans les années 1950, les frères Blandin ont ainsi développé une alternative qui a connu un franc succès pendant dix ans, jusqu'à son asphyxie économique par Saint-Gobain, un des principaux producteurs et utilisateurs d'amiante au monde. Ceux qui affirment ne pouvoir se passer de l'amiante commercialisent dès 1984 des produits qui en sont dépourvus dans des pays l'ayant déjà interdit, comme le Danemark. "Quand on me disait qu'on ne pouvait enlever l'amiante dans les plaquettes de freins sous peine d'envoyer les voitures dans le mur, je répliquais que Volvo s'en passait déjà", se souvient le toxicologue Henri Pézerat. "Ne pas s'occuper de l'éradication de l'amiante a été une erreur. Il est injuste de diaboliser le travail qui a été fait par les scientifiques au sein du CPA. Il faut diaboliser le travail qui n'a pas été fait pour trouver d'autres solutions techniques", affirme le professeur Got.

"Le CPA a été un formidable éteignoir, explique M. Pézerat. Nous, les opposants à l'amiante, nous nous sommes retrouvés marginalisés. Nous avons alors plongé dans un trou historique de douze ans." Pendant ces années où se succèdent gouvernements de droite et de gauche, la structure se revendiquant comme "un lieu vide" va dicter en toute discrétion la politique en matière d'amiante à un Etat singulièrement passif. Un rapport de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques, publié en 1997, fustigera d'ailleurs en termes très durs ce laisser-faire des pouvoirs publics. "Il y a des responsabilités politiques graves", estime encore aujourd'hui Jean-Yves Le Déaut, député (PS, Meurthe-et-Moselle) et rapporteur du texte. "A l'époque, il a semblé normal de confier la veille sanitaire au privé, résume Me Michel Ledoux, avocat de l'Andeva. C'est comme si la Seita s'était occupée du cancer du poumon."

Acette période, la méthodologie des prélèvements dans l'air est mise au point par Daniel Bouige. Cet ingénieur n'est autre que le représentant des industriels de l'amiante au sein du CPA. Sollicité par Le Monde, M. Bouige n'a pas donné suite aux demandes d'entretien. En raison de contestation récurrente sur les chiffres, l'établissement d'un protocole de recherche des fibres dans l'air est confié... à un autre représentant de l'industrie de l'amiante au CPA.

En 1992, dans une école de Pontoise (Val-d'Oise), enseignants et parents découvrent la présence massive d'amiante dans les faux plafonds et s'inquiètent. Le maire ferme les classes. Un instituteur prévient la CGT... qui renvoie sur le CPA. Pas moins de cinq membres du comité participent alors à une réunion publique à Pontoise. Selon les procès verbaux de Marcel Valtat, leur "témoignage rassure les parents et permet de dédramatiser la situation". L'école est rouverte.

Le comité contribue également à l'argumentaire de l'Etat dans les décisions internationales. En 1986, quand les Etats-Unis envisagent une première fois d'interdire l'amiante, la France intervient pour émettre un avis négatif, fondé sur un rapport du CPA. "Il faut noter que (notre) démarche a été totalement relayée par l'administration française", se félicite Marcel Valtat, le 30 septembre. Poussée par l'Allemagne, la Communauté européenne s'interroge également, en 1991, sur une interdiction pure et simple, questionnement d'autant plus fort que le siège de la Commission à Bruxelles, le Berlaymont, est truffé d'amiante. Le CPA va alors procéder à un intense lobbying dans les couloirs de la Commission afin d'empêcher toute prohibition. La France contribuera grandement à geler la situation.

C'est là un des derniers succès du comité, qui ne se remettra pas de la mort brutale de Marcel Valtat, en décembre 1993. Jean- Pierre Hulot, son successeur à Communications économiques et sociales, reprend le secrétariat. "Je ne savais pas si amiante était féminin ou masculin", avoue-t-il. Moins investi, M. Hulot est peut-être aussi moins convaincu. "On changeait d'époque, la relation au risque évoluait, le principe de précaution s'imposait", explique-t-il.

En 1994, la mort de six enseignants au lycée de Gérardmer (Vosges) relance la polémique sur l'amiante. A Jussieu, à la même époque, une nouvelle génération de chercheurs s'inquiète pour son environnement. "Nous avons été confrontés au CPA très rapidement et l'existence de ce truc m'a sidéré, affirme Michel Parigot, responsable du Comité anti-amiante de Jussieu. Quand on téléphonait au ministère de la santé, on tombait sur quelqu'un du comité qui nous répondait : 'Il y a plus de risques sur le périphérique que dans votre université.' Nous avons très vite compris que cette structure n'avait réussi à fonctionner aussi longtemps que parce qu'elle n'avait pas été dénoncée publiquement. C'est le genre de choses qui ne supporte pas la lumière." Les opposants vont alors s'attacher à discréditer le CPA et ses membres, parfois de manière féroce. Ils envoient des notes à tous les journaux sur ses travaux et son financement, distribuent des tracts lors de ses colloques, apportent la contradiction dans la salle, par l'intermédiaire d'Henri Pézerat notamment.

Le comité ne survivra pas à cette campagne. Ses membres sentent le vent tourner. Les syndicats se retirent discrètement, la CGT dénonçant tardivement "la fiction" de l'usage contrôlé. Le 25 septembre 1995, dans un courrier cosigné, les ministères annoncent quitter une structure où ils affirment n'avoir été qu'"en tant qu'observateurs". Fin 1995, le CPA disparaît, raconte un des participants, sur un "pot de l'amitié".

En 1996, Jean Bignon publie un mea culpa : "Je considère a posteriori que nous aurions dû collectivement nous opposer à la création du CPA ." "Nous nous sommes fait rouler, reconnaît aujourd'hui Patrick Brochard. Les problèmes de santé au travail ne peuvent faire l'objet d'un compromis entre partenaires sociaux. Ils ne se négocient pas." Un rapport de l'Inserm révèle l'ampleur de la catstrophe sanitaire qui pourrait faire jusqu'à 100 000 morts en France d'ici 2025. Le lendemain, le gouvernement annonce vouloir interdire ce produit, mesure qui entrera en vigueur le 1er janvier 1997. Vingt-cinq ans après la réunion de Londres.

Benoît Hopquin

Article Monde paru dans l'édition du 23.04.05

 


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