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1er Jour<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
Départ de VALLORCINE (1210m) le temps n’est très beau
Vallorcine, vallée française, commune du cantons de Chamonix, est dans un site exceptionnel. L’hiver, toute relation avec la France est pratiquement coupée : le col des Montets, de faible altitude, est le rendez-vous des avalanches. Elles y déferlent de ses deux versants dans le long couloir qui traverse la montagne D’importants travaux de protection ont permis l’ouverture hivernale de la voie ferrée, qui franchit en tunnel la zone dangereuse.
Morte l’hiver jusqu’à ces dernières années Vallorcine reprend vie et activité durant l’été. Une très belle école d’escalade a été déblayée dans les falaises qui dominent la gare. Pour l’hiver un téléski et une piste ont été créé de toute pièce dans la forêt au-dessus de la gare du Buet, et la vallée se prête admirablement au ski de fond. La population de Vallorcine serait d’origine germanique, elle aurait trouvé refuge contre les persécutions dans ce site sauvage et isolé du monde. Vallorcine : la vallée aux ours ! Mais depuis longtemps, à l’exception de quelques termes, le patois des Vallorcins diffère très peu de celui des Chamoniards et sert de transition entre le patois du Valais et celui d’Argentière. De ce long isolement ,des siècles passés, les Vallorcins ont gardé des formes de caractère : ce sont des gens têtus, obstinés, travailleurs, renfermés, indépendants ! Les garçons ont toujours été d’intrépides montagnards. Longtemps confinés dans le rôle secondaire de chasseurs de chamois, ils apportent depuis quelques années d’excellents éléments à la Compagnie des Guides de Chamonix qui les a enfin acceptés, admettant ainsi que, de Vallorcine à Servoz, entre gens du Mont Blanc il ne peut y avoir qu’unité de vues et de pensées.
Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».
Vallorcine est un petit village haut savoyard blotti dans une vallée souriante entre Mont-Blanc et Suisse. A seulement seize kilomètres de Chamonix, c’est un havre de tranquilité où il fait bon goûter les joies simples de la vie en montagne.
Extrait du Guide de présentation de VALLORCINE
En voiture direction la Suisse, passage en Suisse par la Nationale 506 jusqu’au Col de FORCLAZ (1526m).
Reprenons l’ancien chemin des piétons et des muletiers et escaladons depuis Martigny le col de la Forclaz (1520m). La magnifique route moderne permet de l’atteindre sans efforts ni pour l’homme ni pour la machine ; quelle différence avec autrefois ! On tournoyait dans les trente-six virages en épingle à cheveux d’une route aux pentes excessives qui se faufilait littéralement dans le fond de la combe, entre des villages suspendus, des prairies, des cultures, des vergers, puis peu à peu gagnait les chalets d’été, les alpages, et arrivait au col enchâssé dans de très belles forêts de mélèzes.
Le village de Trient est exactement deux cents mètres en dessous du col, isolé dans un cirque de prairies bordées de pentes forestières. La lumière lui parvient d’en haut, par une scintillante cascade de séracs qui s’étage sur 1500 mètres : la glacier remplit totalement le fond de la vallée.
Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».
Nous laissons les voitures sur un parking, puis allons prendre un café dans un petit restaurant, en sortant, Jean Luc tente d’éborgner l’autre Jean Luc mais sans succès. Puis, dans la joie et la bonne humeur nous commençons à pied la montée, jusqu’au Glacier du TRIENT. Le bas du glacier est à 1735 mètres, à sa droite se trouve le glacier des GRANDS et à sa gauche la pointe des ELANDIES (2873m). Le glacier du TRIENT fait partie par le haut du PLATEAU DU TRIENT. Le paysage a changé, pendant l’hiver une avalanche est descendue, rasant tout sur son passage.
Deuxième ECOLE DE GLACE pour tout le monde, sauf pour Claire qui découvre la marche sur Glacier, redécouverte de la marche en cordée, marche sur la glace avec les crampons, descente face à la pente (Technique de CHARLET) et escalade sur une pente de glace.
Puis descente par le même chemin jusqu’au col de FORCLAZ (1526m). Toute la première partie de la journée se passe sous la pluie, mais en fin de journée le temps se lève. Information importante : la météo prévoit du grand beau pour les prochains jours.
2eme Jour
Le temps n’est pas très beau, nous avons pris le Téléphérique d’ARGENTIERE pour arriver aux AIGUILLES DES GRANDS MONTETS 3295 mètres, là nous avons progressé sur le Glacier des GRANDS MONTETS pour atteindre la PETITE AIGUILLE VERTE 3508 mètres. La progression n’a pas été dure au niveau physique, mais un peu compliqué par le monde qui se trouvait sur cette même montagne : au sommet, nous sommes tombés sur une cordée d’Anglais en train de faire un rappel pour descendre. Après avoir pris une collation au sommet nous sommes redescendus par le même itinéraire.
3eme Jour
Objectif CHAMONIX 1231 mètres, pour prendre le Téléphérique qui va nous déposer à 3842 mètres.
Un premier bond conduit de Chamonix au Plan de l’Aiguille et de là, d’une seule portée, au sommet de l’Aiguille du Midi, à 3800 mètres. Le trajet s’effectue en moins d’une demi-heure; l n’est pas impressionnant, l’absence de points de comparaison ne permettant pas d’évaluer l’abîme. En fait, les cabines gravissent toute la paroi nord, surplombant arêtes, tours de granit, couloirs de glace et séracs suspendus! On passe brusquement des prairies aux glaces éternelles. Un peu comme si en une demi-heure on était transporté de la France au Groenland! C’est si vite fait! Si rapidement que la plupart des visiteurs ne songent pas qu’ils sont à près de quatre mille mètres, que malgré le temps radieux et le ciel bleu un simple coup de vent peut faire descendre aussitôt la température de quinze à vingt degrés! que la lumière est aveuglante, et que, franchis les limites de la station supérieure, les couloirs souterrains ou les plates formes qui permettent d’admirer sur tous ses horizons la chaîne du Mont Blanc, ils abordent de plain-pied la haute montagne avec tous ses dangers, tous ses secrets!
Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».
En pleine saison, 90 personnes travaillent à l’Aiguille : le personnel fonctionne en deux équipes qui effectuent quatres jours de travail chacune avant de faire relâche quatres autres jours. Cabiniers, restaurateurs, caissiers, techniciens : une vérritable petite colonie s’active en permanence à près de 4000 mètres d’altitude. Malgré la concentration sur l’île (jusqu’à 5500 personnes/jours en haute saison) il n’existe pas sur place de source de pollution ni de déchets, grâce à d’astucieux systèmes qui permettent de tout redescendre sur Cham. Les craintes principales de ce haut lieu concernent les malaises : si la plupart des cas sont peu graves, des cas d’oedèmes foudroyants ont été observés. a la caisse de la STMB, on informe systématiquement les gens que les bébés et les personnes âgées sont très exposés à ce type de problème.
Extrait Magazine MONTAGNE Janvier 1996.
Pourtant, combien douces paraissent les pentes supérieures de la Vallée Blanche, parcourues au printemps par des milliers de skieurs. La première impression est de facilité ! La montagne semble facile, accessible, ses vastes combes blanches. irradient de lumière. 0n montre avec dérision la << trace>>, profonde des caravanes entre les Grands Mulets et l'observatoire Vallot. Le Mont Blanc! 0n le touche du doigt! peuh! Quant aux Aiguilles de Chanmonix, alors qu'elles constituaient vues de la vallée une muraille farouche et fissurée, hérissée de tours et de canmpaniles, image même de l'inaccessible, les voici réduites au rang de pinacles dépassant à peine les combes glaciaires. Les Grandes Jorasses cependant, par-delà le gouffre du Géant, dressent leur paroi nord, Constamment verglacée, la Verte est lointaine, et les sommets du nord-est, Aiguille de Triolet, Mont Dolent, Aiguille d'Argentière, etc., se plaquent sur les. rmasses indécises et flottantes des hautes nmontagnes du Valais. Grand Conmbin, Dent Blanche, Weihorn, Cervin, etc., inmbriquées les unes dans les autres. émergeant des brumes. Sur la vallée, le vide plonge, sans appel : Chamonix est dans un gouffre. La ville s'offre en plan, sa vallée devient une carte géographique, et vers le nord et vers l' ouest, par la trouée de l' Arve, la vue ne s'arrête plus qu' aux limites imprécises du Jura ou du plateau suisse, sans doute beaucoup plus loin !
Le jet d’eau de Genève, parfaitement visible, intéresse beaucoup les touristes ! Première escale donc. Vous voici, voyageur, sur l’un de ces sommets, conquis au moyen d’un billet. Naguère, il fallait marcher dix heures pour contempler ce vous avez acquis sans peine.
Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».
Il fait très beau, nous descendons en direction du refuge des COMISQUES que nous laissons sur notre droite. Nous faisons une pause pendant laquelle Jean Luc va nous réserver à tous les places au refuge pour la nuit qui va précéder notre ascension du MONT BLANC. Nous passons à droite du COL DU MIDI en direction de la POINTE LACHENAL que nous laissons à droite, les GROS ROGNONS à gauche pour arriver sur le GLACIER DU GEANT.
En une seconde, Claire disparaît dans une crevasse, grosse émotion dans un premier temps, nous nous organisons sous les ordres de Jean Luc, puis après avoir reçu une réponse de Claire comme quoi tout allait bien, nous en profitons pour faire des photos du sauvetage de Claire, qui a très bien réagi. Tout le monde en convient, et chacun se demande, en son for intérieur, comment il se serait comporté à sa place, l’avenir nous le dira peut-être.
A peine avons-nous fait cinq cents mètres que le premier disparaît dans une crevasse. L’effroi de mes deux compagnons me paraît comique. Je leur assure que les incidents de ce genre sont courants : sinon, à quoi servirait a corde ? J’ai peine à les convaincre et, à partir de ce moment, ils marchent comme sur des oeufs.
Les trois derniers problèmes des Alpes ANDERL HECKMAIR page 40
Au jour prévu, je suis à Courmayeur. L’idée d’une promenade solitaire sur le Galcier du Géant, aux nombreuses crevasses, ne me sourit pas particulièrement.
Les trois derniers problèmes des Alpes ANDERL HECKMAIR page 40
Nous buvons un Thé face aux AIGUILLES DU DIABLE et au couloir GERVASUTTI, et pour la première fois en pleine montagne le sommet du MONT BLANC s’illumine devant nous. Nous faisons un arc de cercle devant L’ARETE DE LA BRENVA, le TOUR RONDE. Nous passons sur un pont de neige pas très engageant, mais qui tient. Nous arrivons au COL ORIENTAL DE TOUL 3411 mètres, puis en fin de journée au refuge TORINO à 3371 mètres, un refuge Italien pas très sympathique.
Refuge Torino (3375 m), col du Géant. Ouvert et gardé en été. Tél : 19-39/165842247. 180 places. Accès en téléphérique
Extrait Magazine VERTICAL Août 1993.
Nous passons la nuit au refuge Torino.
Les trois derniers problèmes des Alpes ANDERL HECKMAIR page 30
A Entrèves, je rencontre deux jeunes et solides gaillards. Ils montent bien, si bien que je suis moi-même presque à bout de souffle, et qu’en six heures nous sommes au refuge Torino, notre objectif primitif pour la journée.
Les trois derniers problèmes des Alpes ANDERL HECKMAIR page 39
4eme Jour
Au départ du refuge de TORINO nous descendons sur le Glacier du GEANT en laissant sur notre droite l’ARETE DE ROCHEFORT, l’AIGUILLE OU DENT DU GEANT, le CLOCHET DE LA NOIRE, pour passer à droite des SERACS DU GEANT, nous arrivons au refuge du REQUIN 2516 mètres.
REFUGE DU REQUIN
Le refuge est tranquille en été. La montée est une belle initiation à la haute montagne. On suit la mer de Glace et le Glacier du Tacul jusqu’au séracs de la Salle à manger. En hiver, les gardiens accueillent les nombreux skieurs descendus par la célèbre Vallée Blanche et les passionnés de randonnée à ski.
Les itinéraires à pied ou à ski ne sont jamais les mêmes d’une année sur l’autre sur la mer de glace. Le plus grand glacier des Alpes françaises est en mouvement. Sait-on qu’un glacier coule comme un fleuve ? La glace issue des chutes de neige à haute altitude
Après avoir bu un pichet entier de thé, nous descendons la MER DE GLACE, une descente assez chaude, pour rejoindre la GARE du MONTENVERS que nous atteignons avec soulagement en fin d’après midi.
La Mer de Glace est au fond la huitième vallée. C'est la plus grande de toutes, la plus large, la plus élevée. Creusée à l'intérieur même de la chaîne du Mont Blanc, elle semble un témoin attardé de la grande époque où les glaciers géants envahissaient l'Europe. Des centaines de sommets la bordent, quatorze glaciers alimentent le fleuve central aux eaux figées ! Trois d'entre eux qui ne sont que ses affluents comptent parmi les plus importants d'Europe : ceux de Talèfre, de Leschaux et du Géant. Pour en deviner l'importance il faut, partant du Montenvers, reprendre l'ancien chemin des cristalliers et remonter la Mer de Glace entre les cornes déchiquetées des Grands Charmoz et la pyramide altière de l'Aiguille du Dru. Une gorge profonde et sauvage s'ouvre à gauche, où coule le glacier de la Charpoua qui prend sa source aux couloirs de l'Aiguille Verte. Une modeste cabane, sur un rognon rocheux vers 2 800 mètres d'altitude, sert de point de départ pour l' Aiguille du Dru, et pour les escalades de l' Aiguille Verte par l' arete de l' Aiguille Sans Nom ou par le couloir Mummery... De grands exploits, même de nos jours ! Pour l'instant, nous voici au lieu-dit << les Moulins >>, gouffres creusés dans le glacier par les eaux de fusion superficielle qui forment un torrent violent dénommé << la Bedière >> et disparaissent en tourbillonnant dans ces puits impressionnants. Vers 1950, des sondages avaient donné à cet endroit 228 mètres d'épaisseur de glace! Passé << les Moulins >>, un courant d'air frais annonce le confluent des trois grands glaciers. Tout s'élargit alors en dimensions inconnues ! D'énormes moraines s'amassent en blocs qui, par endroits, recouvrent entièrement la glace et au pied même de l' Aiguille du Tacul un lac temporaire se forme ou disparaît selon les années. Le glacier de Leschaux est issu des névés qui descendent des Grandes Jorasses et surtout du Mont Mallet. Le refuge de Leschaux, qui avait à différentes reprises ‚été emporté par des avalanches, a été reconscruit par le Club Alpin Belge. Il dessert ce massif où, en dehors des trop difficiles Grandes Jorasses, existent des ascensions longues et délicates, et une rangée d'aiguilles fichées dans les glaces comme des cierges et qu' on a dénommées les Périades ! A gauche du glacier de Leschaux, voici la chute de séracs du glacier de Talèfre. C'est là-haut que se trouve le plus connu peut-être de tous les refuges alpins : le refuge du Couvercle, Il tire son nom d'une ‚norme dalle en porte à faux dans la pente qui recouvrait autrefois l'ancienne cabane, après avoir été, du temps des crystalliers, un lieu de bivouac idéal. Un nouveau refuge a été construit à 2 700 mètres, Plusieurs fois agrandi depuis 1925, il peut loger actuellement plus de deux cents personnes dans d'excellentes conditions. On y parvient par les fameuses rampes des Egralets, terreur des novices qui s'égarent sur le glacier en cherchant l'échelle d'accès à la haute falaise de granit rouge! Celle-ci une fois découverte, plus lien ne peut empêcher d'arriver au refuge après une sévère montée d'une heure, facilitée par de nombreuses rampes de fer et des marches taillées dans la pierre. Autrefois, des centaines de visiteurs se rendaient au Couvercle pour y passer la nuit et admirer le coucher et le lever du soleil sur la haute chaîne ; le téléphérique de l' Aiguille du Midi a enlevé au Couvercle une grande partie de ces << pèlerins de la montagne >> ; les alpinistes s'en ré‚jouiront qui n'aiment pas trop les foules. Il y a juste au-dessus du refuge du Couvercle un belvédère remarquable, l' Aiguille du Moine, à 3 412 mètres. norme pyramide fissurée à souhait et facile à gravir, tout au moins en compagnie d'un guide et par beau temps. Elle procure une vue extrêmement complète sur l'ensemble du massif, de l' Aiguille Verte aux Grandes Jorasses, et de la Dent du Géant au Grépon. Mais, sans aller si haut, la vue obtenue depuis le Couvercle sur le Mont Blanc, sur le magnifique écoulement du glacier du Géant et sa chute de séracs, et surtout sur la face nord des Grandes Jorasses justifie la vogue exceptionnelle de ce haut lieu que nos grands anciens avaient baptisé : << l'endroit le plus admirable du monde >>. Du Moine à la Verte, l'arête << ecclésiastique >> offre au grimpeurle choix de nombreuses escalades telles que la Nonne, l'Evêque, le Cardinal et les Enfants de Choeur. Il v a enfin l' ascension de la cime reine de France . l'Aiguille Verte, dont c'est ici le versant le plus accessible sinon leplus facile. C'est par le couloir qui porte son nom et qui est en réalité une large facette de rochers enneigés, striée de cannelures de glace, que l'alpiniste anglais Whym- per la conquit en 1865 avec les guides Christian AImer et Franz Biner. De l' Aiguille Verte, un chainon continu se dirige vers le sud à une altitude voisine des quatre mille mètres avec : l' Aiguille du Jardin, les Droites, les Courtes et surtout les belles tours jumelles, délicates d'ascension et de formes, des Aiguilles Ravanel et Mummery, reliées par un faite déchiquet‚ aux nappes de neige du col de Triolet, Nous voyons d'ici l'<< endroit >> de la grande barrière du glacier d' Argentière, Disons tout de suite que tant en beaut‚ qu'en difficulté, l'endroit De vaut pas l'envers Au-dessus du Couvercle s'ouvre le glacier de Talèfre, large combe portant en son milieu un curieux Œlot rocheux et gazonn‚, célèbre depuis les temps anciens sous le nom de << Jardin >>. On disait autrefois le Courtil. Les névés se prolongent entre des aretes mal définies et pourries par des pentes de glace très inclinées. A leur crete surgissent les Aiguilles de Triolets Savoies de Talèfre, de Leschaux! Les Aiguille de Leschauxs les Petites Jorasses et surtout les Grandes Jorasses dominent directement le glacier de Leschaux. Les Jorasses portent cinq sommets dont le plus élevé, la Pointe Walker, a 4 208 mètres d’altitude et le plus bas, mais non le moins difficile, la Pointe Young, surplombe le col des Jorasses. L'arête se continue par la Calottes le Dôme et l' Aiguille de Roche- forts reliés à la Dent du G‚ant par une fine arête de neige qui constitue une course de grande beaut‚. Au point de ruptures se dresse le chicot penché de la Dent du Géant (4 010m)s impressionnante par l’abîme glacé de sa face nord, dominant de 1 700 mètres le glacier du Géant. Tout de suite après, c'est le col du Géant. Il est temps de redescendre au pied des Egralets, et, après avoir travers‚ le confluents de gagner le refuge du Requin. A 2 525 mŠtres dsaltitude, mais particulièrement bien situé au pied de la Dent du Requin et de l' Aiguille du Plans il a longtemps constitué le relais indispensable à ceux qui voulaient passer en Italie par le col du Géant. Le téléphérique de l' Aiguille du Midi détourne complètement à son profit les caravanes qui vont à Courmayeur, mais par contre de nombreux alpinistes sont tentes par la descente de l'arête de neige qui relie l' Aiguille du Midi à l’Aiguille du Plan - course jamais faciles souvent exposée, sujette aux variations constantes de l’état de la neige et de la glaces notamment dans les rochers très raides du Rognon du Plan - et gagnent le refuge du Requin par le glacier d’Envers du Plan.
En aval du refuge du Requin, et faisant pendant au Couvercles existes depuis 1957, un nouveau refuge : le refuge d'Envers des Aiguilles auquel on accède par une piste jalonnée, franchissant les rochers de Trélaporte par des rampes comparables aux Egralets. C'est une région sauvage. Au début du siècle, Young Ryan et leurs guides rendirent célèbres ces longuess très longues escalades de rocher qui n'ont rien perdu aujourd'hui de leur vogue, C'est pour remplacer la petite cabane a‚rienne de la Tour Rouge, construite en pleine paroi du Grépons que fut édifié le nouveau refuge. L' Aiguille du Plan par la voie Byan, l' Aiguille de Roc du Grépon, l’Aiguille de la République et l'arête sud-est de Blaitière, sont des ascensions remar- quables, considérées, pendant un temps, comme les plus belles du monde. Autrefois, je n'aurais pas eu assez d'un volume pour vous décrire les ascensions possibles dans ce paradis des grimpeurs de rochers. Tout a bien changé ! Les purs font encore la face nord du Plan (quand elle est en condition, ce qui est assez rare) ou bien la face ouest de Blaitière. Les faces est du Caïman ou du Crocodile ont détrôné‚ la voie Rvan du Plan. Oui! Elles sont bien délaissées aujourd'hui, les Grandes Aiglilles de pure protogine ! Même la célèbre traversée {{ Charmoz-Grépon >> illustrée par Mummerys et qui est pourtant l'une des plus belles escalades des Alpes, a perdu son prestige. Le Grépon détenait la vedette depuis cinquante ans ! Mais la marche d' approche est trop longue ! Les téléphériques rendent paresseux. Les jeunes de maintenant préfèrent ou l'exploit sensationnel ou de plus courtes mais très difficiles escalades, Pour eux, la Montagne commence au pied de la paroi. Les jeunes de maintenant ne connaissent plus le juste milieu : au premier stade de leur passion, ils s'excercent sur des rochers extrêmement délicats et difficiles, qui étaient autrefois considérés comme contreforts négligeables des grands sommets, La voie Menegaux à l' Aiguille de l'M, l'arête est de la Brioche ! l' arête des Papillons au Peigne! , la pyramide du Tacul sous les Aiguilles du Diable constituent les bancs d'essai des grimpeurs modernes. L'étape suivante est le Grand Capucin par la face est, énorme chicot rougeâtre au-dessus des névés silencieux de la Combe Maudite, accolée aux Aiguilles du Diable dont il n'est qu'un satellite redoutable. Le Grand Capucin polarise les aspirations des jeunes grimpeurs: sa face est, de quatre cents mètres, a été vaincue en 1951 par Bonatti et Ghigo, c'était le triomphe de l'escalade dite << artificielle >>, c'est-à-dire justifiant l'emploi d' étriers. Il faut reconnaître que son ascension conféra un immense prestige à son auteur dans les milieux sportifs- Nous avons tous été jeunes, et nous avons tous rêvé d'un semblable prestige. D'ailleurs, rien ne nous empêche d'admirer ce sommet confortablement et sans effort, cat les télébennes de la V allée Blanche passent juste à sa hauteur, et avec des jumelles et un peu de chance... Tout change ! Autrefois on gravissait la Dent du Géant par les << câbles >>. Aujourd'hui on monte la face sud surplombante. L'Aiguille du Dru fut la grande course de rocher du début du siècle. Admirons nos aînés qui la tentèrent et la gravirent en partant du Montenvers. Quelles jambes! Sa traversée classique du Petit au Grand Dru, depuis le refuge de la Charpoua est totalement délaissée. Les regards avides des néo-alpinistes se portent sur les incommensurables abîmes de la face nord, de la paroi ouest, encore blanche de ses récents éboulements. La face nord du Dru fut gravie en 1955 par Pierre Allain et Raymond Leininger. Cette grandiose escalade a été souvent refaite depuis - quand des étés plus secs permettaient ce qui n'est plus permis maintenant - et, ma foi, il fallut chercher plus difficile, plus raide ! Il restait cette fameuse face ouest. En 1952, Magnone, Dagory, Bernardini et Laîné, s’y reprenant en deux fois. , réussirent l'exploit. Exploit largemnent dépassé en 1955 par un grimnpeur solitaire, lucide mlalgre sa témérité et d'une résistance phvsique exceptionnnelle. Du 17 au 22 août, le guide italien Bonnatti escalada le pilier sud-ouest (qui porte aujourd'lhui son nom. On est loin de la classique victoire de Dent et de Burgeneer au Grand Dru en 1878. Pour la logique des choses et pour rétablir les valeurs, il est juste de dire qu'en 1878 on ne connnaissait pas les pitons à expanssion ni les mnouusquuetonns... On se servait d'échelles !
Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».
5eme Jour
Nous partons en fin d’après-midi à CHAMONIX 1231 mètres, pour prendre le Téléphérique qui va nous déposer à 3842 mètres. L’objectif est le MONT BLANC, tout est réuni, le temps est au beau, le moral est présent et la préparation est parfaite. Descente par l’arête très pentue que nous commençons à connaître, et que nous faisons plus facilement que la première fois, je me souviens de la descente en « canard » que nous avions effectuée la première fois. Nous rejoignions le refuge des COSMIQUES, formidable fenêtre sur la haute montagne, la vue y est magnifique. Avant d’accéder au refuge nous allons voir l’arrivée de l’ancien Téléphérique, tout rouillé. La soirée au Refuge est assez calme, nous dînons et faisons une partie de belote, mais je pense que tout le monde a la journée du lendemain en tête. Nous nous couchons assez tôt et essayons de nous endormir le plus vite possible.
A minuit nous sommes réveillés par Jean-Luc, il faut très vite s’habiller et s’équiper, nous prenons un petit déjeuner qui doit être le plus complet possible, mais cela n’est pas facile. L’équipement final s’effectue dehors à la lueur d’une ampoule. Le ciel est étoilé. Les deux cordées sont composées pour la première de Jean-Luc, le cuisinier de Ski Roc et de Jean-Luc Thierry, pour la deuxième, Eric, Claire, Miguel Guide de Vallorcine et moi. La montée en direction du MONT BLANC DU TACUL se fait à la frontale, nous partons du COL DU MIDI 3532 mètres en laissant sur notre gauche la POINTE LACHENAL 3613 mètres, nous passons l’EPAULE DU MONT BLANC DU TACUL 4028 mètres, la montée jusqu’à l’EPAULE DU MONT BLANC DU TACUL se passe bien, nous progressons comme cela pendant toute la montée jusqu’au MONT BLANC, en plantant le piolet, en mordant la glace avec nos crampons et en changeant de main en fonction du sens de la pente. Arrêt de 3 minutes à l’EPAULE, grosse commission pour Miguel et nous progressons en direction du COL DU MONT MAUDIT 4345 mètres, le MONT MAUDIT est vraiment très pentu, ce sont de véritables marches qu’il faut gravir à chaque pas, lorsque nous arrivons sur le CORRIDOR 4300 mètres, le soleil commence à se lever, et là c’est encore plus beau, c’est superbe, une quantité de couleurs ont remplacé le noir de la nuit. Nous passons entre les ROCHERS ROUGES INFERIEURS 4290 mètres et les ROCHERS ROUGES SUPERIEURS 4506 mètres, le MONT BLANC est en vue depuis un petit moment, il y a un vent d’enfer et la dernière montée commence, nous passons les PETITS ROCHERS ROUGES 4577 mètres, les PETITS MULETS 4690 mètres et entamons la dernière montée, enfin nous y sommes, nous sommes au sommet du MONT BLANC 4807 mètres, nous sommes sur le sommet de l’EUROPE, il y a tellement de choses à regarder, nous sommes entourés de sommets, il y en a partout, c’est superbe. Nous faisons une série de photos, je filme en vitesse, car il fait très froid, surtout que j’ai été obligé d’enlever mes gants. Tout le monde se sert la main et s’embrasse. Miguel me propose une cigarette car il est impossible de la rouler, beaucoup trop de vent. Il y a des choses qui se passent là-haut : nous embrassons et serrons la main d’autres personnes qui arrivent, tout le monde est vraiment heureux et fier d’avoir « fait » le MONT BLANC. Nous étions au sommet à 8 heures du matin le 01 Juillet 1994. Commence la descente, par ce que certains appellent la VOIE ROYALE. Nous passons la PETITE et la GRANDE BOSSES 4547 et 4513 mètres pour arriver au REFUGE VALLOT 4362 mètres, qui est plutôt un abri, grosse ambiance, le cuisinier de Ski Roc vomit, mais il va s’en remettre, tout le monde est très heureux et Jean-Luc dit « c’est un beau MONT BLANC » on est tous d’accord avec lui. Barres énergétiques, fruits secs, eau et nous repartons, nous passons le DOME DU GOUTER 4304 mètres et descendons sur le glacier en direction du REFUGE DE L AIGUILLE DU GOUTER ou du REFUGE DE TETE ROUSSE 3817 mètres et 3167 mètres, je ne sais plus exactement, ce que je sais c’est que nous avons désescalade une grande paroi rocheuse ou Eric n’était pas très à laisse. Nous avons rejoint le TRAMWAY DU MONT BLANC à la gare du NID D AIGLE 2372 mètres, la suite s’est fait en téléphérique jusqu’aux HOUCHES 1153 mètres où nous sommes arrivés à 17 Heures. Nous avons bu un rafraîchissement, pour moi une bière. Le retour à Ski Roc a été triomphal : Champagne ..........
II faut savoir que le moindre doute sur la météo ou sur la stabilité du manteau neigeux doit remettre en question le départ. En effet, d'une part les pentes du mont Blanc du Tacul et celles du mont Maudit sont assez raides pour être le siège de redoutables avalanches, et d'autre part, l'éventualité d'errer dans le blizzard, sans visibilité, du côté du coI de la Brenva ou du dôme du Goûter, doit pouvoir garder au chaud devant une partie de belote le plus audacieux -des randonneurs... Donc quitter le refuge le plus tôt possible (négocier le lever avec la gardienne, traverser le grand replat du col du Midi et monter la pente nord du mont Blanc du Tacul en zigzaguant a travers , les Séracs. Vers 4100, - contourner par Ia droite l'épaule du mont Blanc du Tacul et revenir a gauche pour une longue traversée sous le coI Maudit (1 h 30-2 h).Entre deux zones de séracs, on attaque la pente- dumont Maudit en son milieu, puis on tire vers la droite pour en sortir au col du mont Maudit a 4345 m (très raide).Il peut être intéressant alors de quitter les peaux pour une première traversée descendante, suivie d'une courte montée en demi escalier, puis d'une assez longue - descente vers le coI de la Brenva (échappatoire par le Corridor) 1 h 3O - 2 h- Monter ensuite le Mur de la Côte, souvent en glace, puis toute la pente fastidieuse des Rochers Rouges et Petits Mulets (petits rochers qui émergent de cette grande pente de neige) jusqu'au sommet du mont Blanc 2 h 30 a 3 h). Si la neige le permet descendre en versant nord a l'aplomb du sommet en tirant toujours à gauche pour rejoindre l'arête des Bosses le plus bas possible. Passer le Vallot et traverser le plateau du coI du Dôme. Cap à l'ouest pour franchir le flanc du Dôme du Goùter et déboucher sur une jolie pente qui se prolonge par l'arête de Bionnassay - Selon les conditions et les aptitudes de chacun, il sera préférable de suivre l'arête, crampons aux pieds, ou de skier en contrebas de la crête versant italien, une pente très raide surplombant des barres de rochers (chute interdite). Se méfier du versant français qui peut être couvert d'une fine couche de poudreuse dissimulant la pire des glaces. Franchir le piton des Italiens, soit à toute crête, soit par une -traversée en contrebas, si l'enneigement le permet. Un peu au-dessus du coI des aiguilles Grises, basculer sur le glacier de Bionnassay italien, un ski merveilleux vous y attend (2 h depuis le sommet du mont Blanc. Anticiper l'itinéraire au vu des crevasses (de grandes pente s sous les aiguilles Grises aident un peu en cas de doute. Sous le col de Miage (refuge Durier) serrer rive droite (sous une barre de séracs !) afin de contourner une zone très tourmentée du glacier. 0n arrive alors dans l'axe du glacier de Miage. Il faut encore passer quelques crevasses délicates a l'aplomb du col infranchissable avant de se laisser glisser sur l'immense glacier en profitant d'un décor extraordinaire.
Extrait du Magazine MONTAGNE Mars 1996.
Un peu zombi après avoir passé une nuit d'insomniaque au refuge des Cosmiques (trop haut, trop chaud, trop soif), je bataillais avec mes conversions entre des crevasses que l'obscurité me permettait d'ignorer : les séracs du mont Blanc du Tacul formaient de sérieux ressauts à travers lesquels une trace aveugle se faufilait- Gommée ça et là par le vent, la trace exigeait de périlleux changements de direction sur une neige lustrée- Ces rampes de lancement pour skieurs maladroits brisaient le rythme de la montée et brouillaient la progression de la petite chenille de frontales qui avait quitté le refuge quelques instants plus tôt- J'avais hâte de déboucher sur le grand plateau au pied du mont Maudit. Plus loin, la raideur de la pente du Maudit clarifia la situation : les skis passèrent sur les sacs, la progression se fit crampons aux pieds- Les premières lueurs rose violacé d'un jour naissant dessinèrent la dentelle alpine d'un horizon lointain alors que le sommet du mont Blanc du Tacul s'en- fonçait lentement dans l'obscurité de la Vallée Blanche- Au col de le Brenve, la neige, d'un joli mauve pastel, renvoya la lumière un peu fade d'un ciel chassant la nuit vers l'ouest- Puis une étincelle dorée déversa sur le dôme du mont Blanc une coulée de lumière orangée qui vint lentement à notre rencontre sur le mur de la Côte - La lumière cascade à notre gauche , parmi des châteaux de glace en équilibre au sommet des pentes est du mont Blanc et plongea vers les profondeurs du glacier de la Brenva- L'interminable dernière côte étirait ses 500 m de dénivelée qu'il fallut gagner pas à pas, dans un air agité de spasmes glacés : des petits tourbillons de neige arrachée à la pente se jetaient à nos visages et brûlaient nos bronches déjà bien irritées par l' hyperventilation. Enfin nos jambes, passablement 'flagadas" , piétinèrent un drôle d'arrondi que quelques dizaines de randonneurs, venus des Grands Mulets. partageaient déjà. A 4 807 mètres, sur ce point géographique remarquable, régnait une ambiance de kermesse pour organes malmenés : ça toussait, crachait, gerbait. Je m'étais trouvé un petit espace presque abrité du vent, entre un trou congelé et les restes assez mal incinérés d'un défunt mégalo : un bout de tibia partageant avec quelques vis calcinés un petit tas de cendres et de pétales de roses "lyophilisés" - Morbide - Ma barre de Mars eut du mal à passer.
Extrait du Magazine MONTAGNE Mars 1996.
La référence au passé peut aider à garder le minimum de considération due à la voie dite normale, et d'abord les récits de la première ascension en 1786. Au XVIIIe siècle donc, un Genevois, savant botaniste, mais aussi glaciologue et physicien, Horace- Bénédict de Saussure, lance la course à la conquête du géant par intérêt scientifique. L'itinéraire le plus évident à l'éépoque est celui qu'on voit depuis Chamonix, et que de Saussure explore longuement à la lunette depuis le Brévent. Cet itinéraire attaque en versant nord à travers une forêt, puis traverse.les parties supérieures des glaciers de Tacannaz et des Bossons. Il se poursuit par les petites Montées, le petit Plateau, que l'on rejoint maintenant rapidement depuis la gare intermédiaire du téléphérique de l'aiguille du Midi, les grandes Montées et le grand Plateau. Enfin, il passe devant les rochers Rouges, alors que l'on rejoint aujourd'hui directement l'arête des Bosses, où arrive la voie normale actuelle depuis Saint-Gervais - Début juin 1786, deux expéditions arrivent très près du sommet, l'une depuis Chamonix, l'autre depuis Saint- Gervais. Elles sont rejointes par un solitaire, chasseur de chamois et cristallier, Jacques Balmat. Mal vu par les autres Chamoniards, le sombre . Balmat est écarté de la caravane et doit la suivre à distance- Lorsque le brouillard contraint tout le monde à la retraite, Balmat poursuit seul- A-t-il atteint le sommet ce jour-là ? Lui- même n'en est pas certain ; mais il compte bien revenir Personne ne croit de toute façon qu'un homme seul ait eu l'audace de poursuivre si haut et ait pu revenir vivant après une nuit passée dans la neige. Le docteur Paccard, qui soigne sa fille gravement malade écoute son histoire et, alléché, décide de faire une tentative avec lui. Le 8 ao–t 1786, tous deux parviennent au sommet sans trop de problèmes par l'itinéraire historique décrit plus haut. long de vingt kilomètres environ. L'événement eut un retentissement important. L'ère du grand alpinisme commençait, et dès 1793 s'ouvrait la compte des guides de Chamonix. Une coutume bien établie désigne aujourd'hui le parcours par le refuge du Goùter au départ de Saint-Gervais comme "la voie normale"- Cette voit est belle et logique et nous nous devions de la présenter ici- Toutefoi.s nous avons choisi de décrire également l'accès par le Tacul et le Maudit, qui présente plusieurs intérêts le point de: départ étant le sommet de l'aiguille du Midi, atteint par le téléphérique, on est du début à la fin baigné dans une ambiance glaciaire extraordinaire, au coeur du massif, avec des vues vertigieneuses sur tous les grands sommets- On évite ainsi la pénible surfréquentation du Goùter et son couloir au sinistre palmarès. Enfin, on redescend l'itinéraire historique des Grands MuIets.
Extrait du Magazine VERTICAL Janvier Février 1996
LE MONT BLANC
Nous voici par force revenus au Mont Blanc. Etudions rapidement les principaux itinéraires qui conduisent a la cime. D'abord, bien sûr, les plus faciles! Ce sont les routes prises à quelques variantes près par les piliers, les guides H.-B. de Saussure, Bourrit, Jacques Balmat, Michel-Gabriel Paccard. On distingue maintenant la voie des Grands Mulets (versant de Chamonix) et celle de l'Aiguille du Goûter (versant de Saint-Gervais et des Houches). Puisque nous sommes appelés à parler de facilités, disons tout de suite que le Mont Blanc est une cime facile mais très dangereuse. C'est la plus dangereuse des montagnes d'Europe et celle qui a causé et cause encore le
plus de morts. N'oublions pas que le Mont Blanc atteint près de cinq mille mètres de hauteur et que, placé en sentinelle à l'angle ouest des Alpes, il reçoit directement les tempêtes océaniques. Avec un bon guide, un marcheur bien entraîné, bien équipé, et choisissant une période de beau temps et de chaleur, en fera l'ascension sans difficulté. Nous ne saurions trop la conseiller, car gravir le Mont Blanc procure d'intenses satisfactions, tant par les panoramas qui se découvrent en cours d' ascension que par la vue circulaire et << imprenable >> du sommet, par l' étrangeté et la solitude de la cime, dominant tous les horizons. Le choix de l'itinéraire reste une question personnelle. En passant parl'Aiguille du Goûter (3 835 m), on bénéficie jusqu'à 2 450 mètres du tramway du Mont Blanc ; deux heures de marche aisée sur sentier conduisent à Tête Rousse où se trouve un refuge. Il faut ensuite gravir la raide Aiguille du Goûters souvent enneigée, assez vertigineuse et fatigante au terme d'une longue journée; son escalade prend de deux à cinq heures selon les conditions de la montagne et la force de la caravane. On arrive ainsi à l' Aiguille du Goûter et au refuge du Club Alpin, extraordinaire balcon dominant la trouée de l'Arve) Genève et toutes les Préalpes ; les couchers de soleil y sont magnifiques, l'impression de haute altitude, le vide qui s' ouvre devant la porte même du refuge saisissent les débutants, et il est certain qu'une telle nuit restera marquée à jamais dans leurs souvenirs. En revanche, cette même nuit à haute altitude peut être source de désagréments, encore accentués par la surfréquentation du très moderne refuge où s' entassent durant les belles journées de l' été jusqu' à 300 personnes ! Mais une nuit agitée est vite oubliée lorsque le lendemain est beau. L'ascension depuis le refuge nécessite quatre à cinq heures de marche. On s'élève par les pentes raides mais faciles, larges et bien ventilées du Dôme du Goûter jusqu'au col du Dôme et au refuge Vallot (4 362 m) où l'on rejoint l'itinéraire de Chamonix via les Grands Mulets. En aucun cas, qu'on monte de Chamonix ou de Tête Rousse, il ne faut commettre l’erreur d'aller passer la nuit au refuge Vallot. Le risque d'y rester bloqué s'ajoute à celui de troubles physiologiques graves pour les personnes non entraînées au froid et à l'altitude. Le refuge Vallot n'est qu'un abri contre la tourmente, sa vocation est de procurer un abri aux alpinistes en détresse. Il est désormais interdit d'y séjourner volontairement. L'itinéraire de Chamonix, la vieille route de Jacques Balmat permet de faire l'ascension dans des conditions très différentes. La première journée est courte. On gagne le Plan de l' Aiguille par le téléph‚rique et de là, en quatre heures de marche peu pénible, on atteint le rocher des Grands Mulets où le Club Alpin Français a construit un très grand refuge sur les débris de l'ancienne hôtellerie centenaire. Pendant dix ans, Chamonix a été privé du refuge des Grands Mulets, et il est normal que les ascensions se soient, durant cette période, détournées au profit de la voie de l' Aiguille du Goûter. Nous aimerions que l'itinéraire des Grands Mulets, le plus rationnel et le moinsfatiguant malgré les apparences, retrouve toute la vogue dont il a joui pendant près d'un siècle. Le point de départ est bas, c'est ce que lui reprochent ses détracteurs : 3 051 mètres contre 3 835 mètres! En fait, cela représente deux heures de plus. Simplement. Et ces deux heures sont amplement compensées par la fatigue moindre de la première journée et surtout la nuit excellente à cette altitude moyenne où le coeur ne fait pas d' efforts. La conduite de la << course >> est différente. Il faut partir très tôt, à deux heures du matin, à la lanterne, et, s'élevant en crampons le long des << côtes >> très raides qui longent le Dôme du Goûter, on passe du Petit Plateau au Grand Plateau. Comme on monte tout droit et très lentement, on prend très vite de la hauteur! En fait, l'expérience prouve que les caravanes parties des Grands Mulets sont toujours les premières arrivées au col du Dôme et au sommet. Du refuge Vallot, c'est la route des Bosses, la seule pratiquée actuellement, plus courte d'une heure sur l'itinéraire du Corridor et du Mur de la Côte ; très aérienne, elle peut être dangereuse par tourmente et même simplement par grand vent du nord lorsque l' arête de la Grande Bosse et la mauvaise arête qui relie le sommet de la Petite Bosse au rocher de la Tournette sont en glace vive. Le retour se fait obligatoirement par le même chemin, et en général, du col du Dôme, les caravanes dévalent sur les Grands Mulets plutôt que sur l' Aiguille du Goûter, évitant la descente de cette dernière après une longue et harassante journée. Il ne viendrait à personne l'idée de contester aujourd'hui la valeur de l'itinéraire des Bosses en l'opposant à celui du Corridor ou à l'Ancien Passage entre les Rochers Rouges ; il n'en fut pas toujours ainsi. Officiellement, l'arête des Bosses a été gravie pour la première fois en 1859 par le révérend Charles Hudson et le guide Melchior Anderegg, mais officieusement, sa première ascension contrôlée date de 1840 environ. A cette époque, un vieux guide de Chamonix, Marie Couttet, dit Moutelet, person- nage légendaire et émouvant, passant pour original et fantaisiste, avait pour cette raison perdu à peu près toute sa clientèle. Comme on dirait aujourd'hui, << on ne le prenait pas au sérieux >> ! Surtout lorsque après l'accident de la caravane du docteur Hamel en 1820, qui fit interdire la route des Rochers Rouges - ancien passage -, les caravanes se virent obligées de passer par le Corridor, le col de la Brenva et le Mur de la Côte, itinéraire long et pénible, auquel Moutelet prétendait substituer une route à lui, qu'il aurait découverte et fréquentée plusieurs fois. Il ne s' agissait pas moins que de gravir l'arête aérienne, secouée par le vent du nord, de la Grande Bosse, de gagner les rochers foudroyés de la Tournette, puis, de là, le sommet. Bien qu'il eût été aperçu à diverses reprises sur l'arête, et qu'on fût a peu près persuadé qu'il soit parvenu au sommet, aucun guide ne consentait à emmener ses << voyageurs >> par ce chemin vertigineux et inconnu, Moutelet s'obstina. Vers la fin de sa vie, il avait pris l'habitude de monter au Grand Plateau, et là, assis dans la neige, d'attendre les caravanes qui passaient pour leur offrir ses services. Personne ne voulait de sa route. Mais relisons Charles Durier et son Mont Blanc. cet homme, réputé froid et peu enclin à la poèsie, a su magnifiquement rendre le drame de la vie et de la mort de Moutelet : << Une fois il se dépita! C'était la dernière. Ne se sentant que peu de temps … vivre, il ne voulut pas rester sur le démenti. Il pria, supplia qu' on le suivît. Rien ne fit. Alors brusquement, les larmes aux yeux, il lâcha prise et tourna le dos. << Que va devenir ce vieux fou ? demandèrent les voyageurs. - comme toujours il redescendra >>, répondirent les guides, et la caravane poursuivit son chemin, Mais au moment où elle atteignait le haut du Mur de la Côte, elle aperçut avec stupéfaction un homme qui descendait de la cime du Mont Blanc et venait droit à sa rencontre. Quand cet homme fut près, il s'arrêta et salua gravement, le chapeau à la main ainsi qu'un maître de maison accueille les étrangers, C'était Moutelet. Il avait quatre-vingt-quatre ans. >> Une autre voie classique et un peu plus difficile que les deux itinéraires français est la voie italienne du glacier du Dôme. Le premier jour les alpinistes vont coucher au refuge Gonella après avoir remont‚ le glacier de Miage italien) puiS, se tenant sur le versant des Aiguilles Grises, ils par- viennent ainsi un peu au-dessus du col de Bionnassay, d'où ils rejoignent le Dôme et le col du Dôme.. Les conseils et les itinéraires décrits plus haut s'adressent aux alpinistesmoyens ou à ceux qui, sans être alpinistes, désirent une fois dans leur vie gravir le Mont Blanc. Pour les autres disons que le Mont Blanc reste la montagne sur laquelle se déroulent les plus grandioses et les plus difficiles itinéraires des Alpes. Du col du Midi, on peut atteindre le Mont Blanc en escaladant successive- ment le Mont Blanc du Tacul (4 248 m) et le Mont Maudit (4465 m), en remontant ensuite depuis le col de la Brenva le très raide mur de la Côte. Magnifique par l'étendue des paysages glaciaires et par la sauvagerie des premiers plans, hérissés de campaniles de granit, cette ascension peut receler des pièges terribles même par beau temps. Les avalanches de séracs sont toujours dangereuses et par mauvais temps malheur à celui qui se fait prendre entre le Mont Maudit et le Mont Blanc du Tacul. A peu près de même valeur alpine quoique de technique différente, l'ascension du Mont Blanc par le glacier du Mont Blanc et le refuge Q