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Récit Montagne 1995

 

Le temps est au beau. Nous avons rencontré Jean-Luc à VALLOCINE (1210 m) en arrivant. Il nous annonce que le temps va se dégrader dans les prochains jours. Nous partons du côté du COL DES MONTETS (1461 m) faire de l’escalade sur des blocs. Jean-Luc nous rejoint par la suite, en nous confirmant ses précédents propos : le MONT ROSE ne sera pas pour cette année. Le lendemain Jean Luc doit participer à une course en montagne, nous verrons bien demain soir.

 

Vallorcine, vallée française, commune du canton de Chamonix, est dans un site exceptionnel. L’hiver, toute relation avec la France est pratiquement coupée : le col des Montets, de faible altitude, est le rendez-vous des avalanches. Elles y déferlent de ses deux versants dans le long couloir qui traverse la montagne D’importants travaux de protection ont permis l’ouverture hivernale de la voie ferrée, qui franchit en tunnel la zone dangereuse.

Morte l’hiver jusqu’à ces dernières années Vallorcine reprend vie et activité durant l’été. Une très belle école d’escalade a été déblayée dans les falaises qui dominent la gare. Pour l’hiver un téléski et une piste ont été créé de toute pièce dans la forêt au-dessus de la gare du Buet, et la vallée se prête admirablement au ski de fond. La population de Vallorcine serait d’origine germanique, elle aurait trouvé refuge contre les persécutions dans ce site sauvage et isolé du monde. Vallorcine : la vallée aux ours ! Mais depuis longtemps, à l’exception de quelques termes, le patois des Vallorcins diffère très peu de celui des Chamoniards et sert de transition entre le patois du Valais et celui d’Argentière. De ce long isolement ,des siècles passés, les Vallorcins ont gardé des formes de caractère : ce sont des gens têtus, obstinés, travailleurs, renfermés, indépendants ! Les garçons ont toujours été d’intrépides montagnards. Longtemps confinés dans le rôle secondaire de chasseurs de chamois, ils apportent depuis quelques années d’excellents éléments à la Compagnie des Guides de Chamonix qui les a enfin acceptés, admettant ainsi que, de Vallorcine à Servoz, entre gens du Mont Blanc il ne peut y avoir qu’unité de vues et de pensées.

 

                                                Extrait du livre de F. ROCHE « MONT BLANC ».

 

Vallorcine est un petit village haut savoyard blotti dans une vallée souriante entre Mont-Blanc et Suisse. A seulement seize kilomètres de Chamonix, c’est un havre de tranquilité où il fait bon goûter les joies simples de la vie en montagne.

 

                                                Extrait du Guide de présentation de VALLORCINE

 

1er Jour

 

Nous partons de SKI ROC à pied pour effectuer une petite randonnée. Nous progressons à l’intérieur de la FORET VERTE, nous passons les SAIX BLANCS et nous nous dirigeons vers le COL DES POSETTES (1997 m). Nous apercevons au loin le REFUGE ALBERT 1ER, refuge où nous sommes passés une année précédente. Nous redescendons par le même chemin. Le soir, Jean Luc nous rejoint et nous annonce qu’effectivement nous ne pourrons tenter le MONT ROSE. Cela met un coup. Jean Luc, jamais pris au dépourvu, nous propose le lendemain matin de nous déplacer dans le MASSIF DES ECRINS, idée que nous accueillons avec joie car depuis ce matin il pleut. Nous effectuons le transfert sous la pluie mais abrités par le toit de notre voiture.

 

 

2eme Jour

 

Le nouvel objectif maintenant est LA BARRE DES ECRINS. Nous nous rendons en voiture jusqu’à LA BERARDE (1713 m) par une petite route très agréable, sous un soleil de plomb. Nous commençons notre marche d’approche en longeant le torrent VENEON, sur la droite nous laissons le GLACIER DE L ENCOULA pour arriver au REFUGE DU PLAN DU CARRELET (1909 m). Je me souviens d’une grande terrasse sur laquelle nous avons abordé une discussion concernant l’alimentation. Nous continuons notre progression pour arriver au REFUGE DU TEMPLE ECRINS (2410 m), ce refuge n’est pas très accueillant, le dîner est médiocre et les chambres sont bondées, nous avons l’impression de coucher à trois sur la même couchette.

 

 

Les Ecrins ! Première ascension : Edouard Whymper, le 25 juin 1864, avec Michel Croz de Chamonix. La montée par l’arête orientale ayant été jugée impossible, les ascensionnistes décidèrent d’attaquer le sommet par le versant nord. Pendant plus d’une demi-heure, le brave Croz tailla des marches dans une glace dure comme du fer. Mais la caravane n’avançait pas et quelqu’un proposa de retourner sur l’arête. C’est alors que Croz s’écria en se précipitant sur Whymper : « Allons-y donc par tous les moyens; le plus tôt sera le mieux ! » Et il tailla encore pendant plus de deux heures. A la fin, les alpinistes atteignirent l’arête; il y avait six heures qu’ils grimpaient. Une heure après, les cinq s’avançaient en groupe vers le sommet, ou plutôt se pelotonnaient tout autour, harasssé mais vainqueurs.

 

 

Le chemineau de la montagne LEON ZWINGELSTEIN page 34

 

 

A gauche du massif, le col des Ecrins : le 7 août 1909 deux alpinistes y périrent dans une chute horrible.

 

 

Le chemineau de la montagne LEON ZWINGELSTEIN page 34

 

 

Maintenant il est là, seul dans le refuge Caron. Il a ouvert la fenêtre à la lumière, étalé sur la table les affaires de son sac, son ses provisions, ses lainages, tout son matériel d' alpiniste, accoté ses skis dehors pour les faire sécher, et il goûte le repos après la dure fatigue. Saint repos, délassement total de l'être, Assis sur la terrasse de la cabane, le torse nu, détente heureuse .ses grosses lunettes sur les yeux, il grignote quelques fruits secs et regarde au loin : là-bas, par-delà la vallée blanche du glacier, la muraille des Écrins dresse sa cuirasse de nickel vif, avec tous les sommets environnants, sur un ciel profond couleur de gentiane.Symphonie bleue et blanche d'une intensité extraordinaire, trop brutale même, et dont l'éclat finirait un peu par assommer l'esprit; Mais lui, le vagabond de tant de luttes, le grand blessé de la terre, il sent maintenant comme une vie nouvelle pénétrer insensiblement en lui et le recréer.

 

« Le chemineau de la montagne » Léon Zwingelstein Page 108.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3eme Jour

 

Nous partons très tôt le matin, (comme d’habitude) nous laissons le PIC COOLIDGE (3775 m) sur notre droite, nous empruntons le GLACIER DU VALLON DE LA PILATTE pour arriver au DOME DE NEIGE DES ECRINS (4015 m). Je suis complètement épuisé, Jean Luc J avec qui j’étais encordée, m’a complètement tiré pendant une très grande partie de la montée. Le sommet est très beau, Jean Luc ne veut pas tenter la BARRE DES ECRINS, une ou deux cordées y sont déjà engagées et la neige n’est pas bonne, nous redescendons par le même itinéraire jusqu’à LA BERARDE (1713 m). Lors de la descente, nous passons par l’ABRI DU CARRELET (2048 m) ancien abri, refuge des temps anciens, impressionnant par son coté primaire, les marmottes sont au rendez-vous et pas du tout effrayées.

 

 

4eme Jour

 

 

Nous partons le matin de LA GRAVE (1417 m) à une heure tout à fait raisonnable, en empruntant le TELEPHERIQUE DES GLACIERS DE LA MEIJE. Ce téléphérique va nous monter jusqu’à 3450 mètres très lentement, c’est très beau et très raide. Nous empruntons le GLACIER DU VALLON puis commençons notre ascension en direction du RATEAU. C’est de l’escalade, nous progressons après avoir retiré nos crampons sur une petite plate forme neigeuse, c’est la première fois que nous faisons ce genre d’activité en montagne et c’est vraiment merveilleux. Le temps est superbe, au sommet (3769 m) nous voyons très bien l’ascension que nous avons faite hier. La descente s’effectue en rappel, un peu en aveugle, nous redescendons par le même itinéraire, puis nous empruntons à nouveau le téléphérique pour rejoindre LA GRAVE (1417 m)

 

 

 

 

 

 

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